Quand la peur du vaccin tue

Quand la peur du vaccin tue

Des maladies oubliées resurgissent dans les pays développés. Coupables ? Les parents et leur nouvelle hantise des vaccins.

Publié dans le magazine Books, avril 2011.
Un soir de 2008, lors d’un dîner dans la bonne société new-yorkaise, le journaliste Seth Mnookin écouta un jeune papa lui expliquer qu’il avait décidé de ne pas soumettre son bambin au vaccin ROR (rougeole, oreillons, rubéole). « Quelle logique, se demanda Mnookin, pousse un homme par ailleurs raisonnable, mais sans aucune compétence médicale, à considérer la vaccination comme un danger ? » Cette question est le point de départ de son livre – « une enquête brillante et méticuleuse », salue l’historien James E. McWilliams dans The American Statesman –, véritable tir de barrage contre les tenants de l’hypothèse d’un lien entre autisme et vaccination. Même si aucune étude n’a jamais démontré ce lien, le quart des parents américains pense que les vaccins peuvent provoquer des troubles du développement chez des enfants en bonne santé (1). Mnookin le rappelle, le risque zéro n’existe pas et la vaccination a toujours été l’objet de craintes, mais la nouveauté réside dans l’ampleur de la défiance qui s’exprime à présent, cette « panique virale » qui donne son titre au livre et dont le journaliste dénonce à la fois les effets et les causes. Côté effets, « l’injonction publique à mener des recherches injustifiées sur des vaccins déjà bien étudiés mobilise des fonds qui pourraient être alloués à des pistes prometteuses, par exemple dans le domaine de la génétique », constate Melvin Konner dans Nature. Autre conséquence inquiétante, on observe par endroits un réveil de maladies potentiellement mortelles, comme la rougeole ou la coqueluche. «…

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