Qui sont les robots ?

Qui sont les robots ?

En attendant l’improbable apocalypse robotique, regardons comment le travail humain a évolué ces dernières décennies, plaide un historien américain.

Publié dans le magazine Books, mai 2019.
Beaucoup de livres prédisent une apocalypse du travail en raison d’un futur robotisé. Moins nombreux sont ceux qui s’attachent à décrire ce qui se passe réellement dans le monde du travail. C’est le mérite de l’historien Louis Hyman d’analyser les raisons pour lesquelles le modèle de l’entreprise paternaliste prenant soin de ses fidèles salariés a fait place à une économie de l’insécurité. Il se concentre sur les États-Unis, mais ses conclusions valent au moins en partie pour les autres pays occidentaux. Après la crise de 2008, le taux de chômage outre-Atlantique est à nouveau très bas, mais 94 % des emplois créés entre 2005 et 2015 concernent ce que Hyman appelle du « travail flexible ». Il y voit moins le résultat d’une nécessité économique induite par le progrès technologique que celui d’une évolution idéologique, résume Patricia Wall dans The New York Times. Alors que les grandes entreprises étaient attachées, depuis les lendemains de la crise de 1929, à l’idée d’une croissance lente et régulière, s’appuyant sur une population de salariés stables et loyaux, nous en sommes venus insensiblement à valoriser la prise de risque, la flexibilité et le moyen de faire baisser le coût de l’emploi. Le tournant a eu lieu à la fin des années 1960, à une époque où les profits avaient tendance à stagner. L’évolution a été rendue possible par la conjugaison de deux facteurs : la montée…
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