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Retour à Kaiserlautern

Les villes moyennes sont les grandes absentes de la littérature allemande contemporaine. Elles ont beau abriter un tiers de la population du pays, rien n’y fait : les auteurs leur préfèrent les métropoles, les villages ou, mieux, « l’opposition grandissante entre ces deux pôles », note Arno Frank dans le magazine Der Spiegel. D’un côté, « l’avant-garde urbaine de la mondialisation » et la « cohabitation bariolée ». De l’autre, le «ressentiment rural» et les « populistes de droite ».

D’où la satisfaction d’Arno Frank et d’une bonne partie de la presse germanophone à la lecture d’Ein Mann seiner Klasse, ouvrage dans lequel le journaliste Christian Baron raconte son enfance et sa jeunesse à Kaiserlautern, 100 000 habitants. Dans l’hebdomadaire Die Zeit, Ijoma Mangold se demande si on n’a pas affaire à la version allemande de Retour à Reims, de Didier Éribon (qui, à en croire Mangold, a eu plus de succès encore en Allemagne qu’en France). Comme Éribon, Baron vient d’un milieu très modeste : son père, ouvrier, est violent et alcoolique. Sa mère meurt quand il a 10 ans, et il déménage alors chez la sœur de celle-ci, où les choses s’améliorent un peu. « Son livre est l’histoire d’une double fuite, hors de sa classe sociale et hors de sa ville d’origine. C’est aussi l’histoire du retour du narrateur sur les lieux où il a grandi », observe Arno Frank.

LE LIVRE
LE LIVRE

Ein Mann seiner Klasse (« Un homme de sa classe ») de Christian Baron, Claasen, 2020

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