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Robert Johnson, vie et mort d’un bluesman

À eux deux, Bruce Conforth et Gayle Dean Wardlow ont consacré près d’une centaine d’années à l’examen scrupuleux de la vie et de l’œuvre du célèbre bluesman Robert Johnson. Avec Up Jumped the Devil, ces deux spécialistes du Delta blues, le blues du delta du Mississippi, entendent démystifier la figure du guitariste virtuose, dont on a longtemps murmuré qu’il aurait pactisé avec le diable. Cette légende expliquerait pourquoi, en dépit de l’extrême brièveté de sa carrière, Johnson est devenu une icône, pointent les auteurs.

Bluesman rangé

Mort en 1938, à l’âge de 27 ans, il n’a laissé derrière lui que 29 morceaux, enregistrés au cours de deux sessions en 1936 et 1937. Parmi eux, des standards tels que Sweet Home Chicago ou Love in Vain qui seront plus tard repris par des grands noms du rock – les Rolling Stones, Eric Clapton ou Bob Dylan, pour n’en citer que quelques uns.

« C’est Gayle Dean Wardlow qui a retrouvé le certificat de décès de Robert Johnson, il y a plus de cinquante ans, et manifestement, il s’est découvert un goût pour les documents. Ce qu’il y a de plus surprenant, parmi les nombreuses rectifications opérées par les auteurs sur ce qu’a véritablement été la vie de Johnson, c’est de constater à quel point il aurait pu mener une existence “rangée” », commente Russell Davies dans The Times Literary Supplement.

Le diable guitariste

Et pour cause, les auteurs explorent des aspects méconnus de la vie de Johnson : la recherche de son père naturel, la mort en couches de sa première femme et la relation particulière qu’il a nouée avec le guitariste Ike Zimmerman, à qui il doit, plus qu’au diable, d’être devenu un musicien de génie.

Conforth et Wardlow lèvent également le voile sur les circonstances mystérieuses de la mort du guitariste de blues. Séducteur invétéré, le musicien a été empoisonné par le mari jaloux de l’une de ses conquêtes, qui a glissé des boules de naphtaline dans son verre. Un geste qui vaudra à Johnson d’être le membre fondateur du malheureux « club des 27 », ces artistes rock décédés à 27 ans.

LE LIVRE
LE LIVRE

Up Jumped the Devil: The Real Life of Robert Johnson, de Bruce Conforth, Chicago Review Press, 2019

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