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Saladin, l’unificateur

Youssouf ibn Ayyoubi, dit Salah ed-din (« rectitude de la foi ») ou Saladin, est né vers 1137 dans une famille kurde de Tikrit (dans l’Irak actuel), et a grandi dans un Moyen-Orient fragmenté en micro-émirats loyaux aux califes sunnites de Bagdad, miné par les rivalités entre les dynasties chiites d’Égypte et de Palestine, et occupé en partie par les premiers croisés.

 

À sa mort en 1193, le paysage n’était plus le même. Il avait unifié l’Égypte, la Syrie et la Mésopotamie, imposant au passage le sunnisme. Il avait également repris Jérusalem aux chrétiens et repoussé les assauts de la troisième croisade.

Unificateur de l’Égypte, la Syrie et la Mésopotamie

L’historien britannique Jonathan Phillips, spécialiste des croisades, lui consacre une nouvelle biographie. Non que ce sultan médiéval n’en compte pas déjà plusieurs, mais Phillips « explore de nouvelles thématiques et exploite de nombreuses sources arabes jusque là sous-utilisées voire totalement négligées, et qui ne sont pas le fruit de l’entourage de Saladin. Il s’agit entre autres d’écrits du médecin irakien Abd al-Latif al-Baghdadi, d’Ibn Abi Tayy, un admirateur du sultan, du chroniqueur du XVe siècle al-Maqrizi, et des poètes satiriques Ibn Unayn et al-Wahrani », précise l’historien Robert Irwin dans la Literary Review.

 

Surtout cet « excellent » ouvrage, estime le journaliste Jason Burke dans The Spectator, s’attache autant à l’homme qu’au mythe. Car, et c’est l’un des paradoxes soulevés par Phillips, le personnage est autant respecté en Orient qu’en Occident.

Respecté en Orient et en Occident

Au XIXe siècle, une recrudescence de récits à la gloire de Saladin accompagne les débuts du nationalisme arabe. Plus récemment, les islamistes en ont fait un de leurs héros. Oussama ben Laden glorifiait « son épée conquérante trempée dans le sang des infidèles ».

 

Les Européens, juste après la prise de Jérusalem, en 1187, le considèrent comme l’une des têtes de la bête de l’Apocalypse. Mais le temps faisant et face à l’ampleur de la défaite, il fallait que l’adversaire soit un opposant à la mesure, un souverain chevaleresque. Dans la Divine Comédie, Dante en fait l’un des trois musulmans à accéder aux limbes avec les médecins et philosophes Avicenne et Averroès. Voltaire l’encense et Walter Scott, dans un complet renversement de perspective, en fait un vrai prince, face à un Richard Cœur de Lion cruel et violent.

 

À lire aussi dans Books : Les croisades vues par les Arabes, mars 2011.

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LE LIVRE
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The Life and Legend of the Sultan Saladin de Jonathan Phillips, Bodley Head, 2019

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