Le sexisme des données
par Amandine Meunier

Le sexisme des données

Publié dans le magazine Books, juin 2019. Par Amandine Meunier

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En France comme ailleurs, les femmes sont plus susceptibles de mourir d’une crise cardiaque que les hommes. Le problème, c’est que beaucoup d’entre elles n’en reconnaissent pas les signes avant-coureurs, et leur médecin non plus. Les douleurs dans la poitrine et dans le bras gauche, ces symptômes « classiques », sont typiquement masculins. Une femme, elle aura, plutôt mal à l’estomac, le souffle court, des nausées.

Sexisme invisible

C’est ce constat qui a incité la journaliste et militante féministe britannique Caroline Criado Perez à écrire Invisible Women. Elle a passé trois ans à enquêter sur ce qu’elle appelle le « gender data gap », autrement dit la discrimination à l’égard des femmes dans les statistiques. Sa conclusion n’a rien de révolutionnaire : nous vivons dans un monde d’hommes, conçu par les hommes et pour les hommes. « Il ne s’agit pas d’un grand complot dirigé contre les femmes, explique-t-elle dans The Washington Post. Simplement d’une tendance à oublier l’existence de 51% de la population. »

« Une partie des études que cite Criado Perez sont connues, d’autres sont stupéfiantes. Elle excelle à faire le lien entre toutes, en montrant que l’antipathie présumée des femmes politiques, l’absence d’études sur les douleurs menstruelles ou les contractions de l’accouchement et même ces satanés smartphones trop grands pour des mains féminines dérivent du même problème », écrit la journaliste Sophie McBain, dans l’hebdomadaire britannique New Statesman.

Données partiales

« Et le problème risque de s’aggraver, ajoute-t-elle. Avec l’essor des mégadonnées et de l’intelligence artificielle, les algorithmes perpétuent les partis pris sexistes, alors que nous pensons qu’ils sont objectifs. » Pour commencer à réparer les dégâts, Criado Perez recommande la systématisation de la collecte et de l’utilisation des données genrées dans les études.

 

À lire aussi dans Books: Un monde résolument masculin, mai-juin 2018.

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