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La Silicon Valley innove grâce à l’État

La vallée de Santa Clara, au sud de la baie de San Francisco, en Californie, est connue sous le nom de Silicon Valley, « vallée du silicium ». C’est le magazine spécialisé Electronic News qui emploie le premier cette expression pour désigner cette région où se concentrent nombre de fabricants de semiconducteurs et de sociétés d’électronique.

Les débuts de la Silicon Valley

C’est l’université Stanford qui a attiré ces entreprises en créant une technopole au début des années 1950. Fairchild Semiconductor y « établit un modèle que suivront des milliers d’entreprises dans les décennies suivantes », écrit l’historienne Margaret O’Mara dans The Code : « trouver des investisseurs extérieurs, céder des actions aux salariés, bousculer les marchés existants et en créer de nouveaux ». Et profiter de quelques avantages procurés par l’État.

O’Mara « montre que Big Tech n’est pas sorti du cerveau de Steve Jobs tel Athéna émergeant du crâne de Zeus, mais a pris forme grâce aux dilemmes créés et aux possibilités offertes par la guerre froide, à la culture particulière de la Californie du nord et aux débats économiques des années 1970 et 1980 », souligne l’historienne Kim Phillips-Fein dans The New Republic.

Vive l’Etat

Elle rappelle que la Silicon Valley, qui se présente comme l’étendard de la libre entreprise, a été, et est toujours, largement financée par le ministère américain de la Défense. Toute une série de législations ont aussi bénéficié à Big Tech, parmi lesquelles la loi fédérale de 1958 en faveur des petites entreprises, qui offre de généreux avantages fiscaux aux starts-ups, et la loi californienne interdisant les clauses de non-concurrence, qui a permis à nombre d’ingénieurs de changer d’entreprise en emmenant  leurs dernières innovations.

« Quand les fabricants de semi-conducteurs de la Silicon Valley, ou aujourd’hui les géants d’Internet dominent des marchés, ils clament haut et fort que les pouvoirs publics n’ont pas à s’en mêler, dans l’intérêt de la société. Mais quand ils affrontent une rude concurrence internationale, comme face au Japon dans les années 1980 ou aujourd’hui avec la Chine, alors, dans l’intérêt de la sécurité nationale, ils exigent de bénéficier de davantage de protection », résume l’économiste Robyn Klingler-Vidra sur le blog de l’antenne américaine de la London School of Economics.

À lire aussi dans Books : Délivrons-nous du Web, avril 2014.

LE LIVRE
LE LIVRE

The Code: Silicon Valley and the Remaking of America de Margaret O’Mara, Penguin Press , 2019

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