Souriez, vous êtes filmés !

Et c’est tant mieux ! Certes, les gouvernements disposent d’outils de contrôle de plus en plus sophistiqués. Mais, à l’ère du téléphone portable et de WikiLeaks, les surveillés se retournent contre leurs surveillants. Convertis au culte de la transparence, les citoyens utilisent eux aussi la technologie. Au service de la liberté et de la moralité.


En 1787, le philosophe Jeremy Bentham proposa de construire un « panoptique », un bâtiment circulaire composé de cellules adossées aux murs d’enceinte et une tour de guet centrale, la « loge du gardien », permettant, grâce à un système de stores et de cloisons, d’observer toutes les geôles sans que personne ne sache à un instant quelconque s’il était effectivement surveillé. Bentham estimait que ce modèle architectural convenait particulièrement aux prisons mais qu’il pouvait aussi être appliqué aux usines, aux hôpitaux, aux asiles psychiatriques et aux écoles. Non seulement il permettrait d’observer les prisonniers, les ouvriers, les malades, les fous et les élèves, mais également – si le responsable se rendait dans la zone de guet – les gardiens, les contremaîtres, les personnels soignants et enseignants. L’adoption progressive de ce « principe d’inspection » finirait par créer « un nouvel ordre des choses », prédisait Bentham, en créant un monde où l’on verrait « la morale réformée, la santé préservée, l’industrie revigorée, l’instruction répandue, les charges publiques allégées, l’économie fortifiée ». Le panoptique moderne n’est pas un bâtiment et ...
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Panoptique de Souriez, vous êtes filmés !, Mille et Une Nuits

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