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Le tennis, moteur du progrès social ?

Cette année, et pour la première fois depuis la Seconde Guerre mondiale, les amateurs de tennis se sont vus privés de Wimbledon. Le célèbre tournoi, qui devait se dérouler du 29 juin au 12 juillet, a en effet été annulé pour des raisons sanitaires. Les aficionados pourront toujours se consoler en lisant A People’s History of Tennis, un livre dans lequel le journaliste britannique David Berry esquisse une histoire sociale de ce sport.

Le tennis au féminin

Pour bon nombre d’entre nous, le tennis est associé aux tenues impeccablement blanches des joueurs, aux gazons des tennis clubs taillés avec un soin maniaque et au côté BCBG d’un Roger Federer – bref, à un sport réservé aux élites. Eh bien, détrompons-nous : « Berry passe en revue des personnages et des histoires qui contredisent l’idée reçue selon laquelle le tennis serait un sport conservateur. Il nous invite à voir le tennis comme un moteur du changement social », note la professeure de littérature anglaise Norma Clarke dans la Literary Review.

Dès sa création en 1874, le tennis a brouillé les frontières de classe, de genre et de race, avance l’auteur. Les femmes de l’ère victorienne, interdites de cricket, de golf et de football, pouvaient toutefois s’adonner au tennis. Ajoutons que le tennis est de loin le sport le plus rémunérateur pour les femmes : en 2019, les dix sportives les mieux payées au monde étaient toutes des joueuses de tennis. Par ailleurs, le tennis n’a pas toujours été l’apanage des cols blancs, rappelle Berry. En 1932, le Parti travailliste lançait le « Workers’ Wimbledon », un tournoi annuel ouvert à la classe ouvrière.

Les ouvriers et la balle jaune

« Berry semble un peu trop désireux de présenter le tennis comme un sport “progressiste” », regrette William Skidelsky dans le quotidien britannique The Guardian. Encore aujourd’hui, les membres de minorités ethniques brillent par leur absence des courts de tennis, souligne-t-il. « Aucun joueur noir d’importance n’a encore émergé des quartiers défavorisés de Grande-Bretagne. Le meilleur joueur noir britannique est en fait une joueuse, Heather Watson, actuellement classée 50e », rappelle encore William Skidelsky.

À lire aussi dans Books : Cours, saute, vole !, novembre/décembre 2017

LE LIVRE
LE LIVRE

A People’s History of Tennis de David Berry, Pluto Press , 2020

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