Toi, moi, nous

Toi, moi, nous

Les sentiments passent, les mots restent. Et ils nous apprennent beaucoup sur l’évolution de la société.

Publié dans le magazine Books, septembre / octobre 2017.
Pour comprendre le plus mystérieux des sentiments, rien de tel que d’examiner le support sur ­lequel il s’est le plus volontiers exprimé. Deux historiennes autrichiennes ont analysé des lettres d’amour sur plus d’un siècle (de 1870 aux années 1980). Celles de célébrités comme le père de la psychanalyse Sigmund Freud ou le compositeur Gustav Mahler, mais aussi celles d’anonymes. Leurs conclusions, réunies dans « Écrire l’amour », contribuent à élargir notre ­vision. « Il y est question de pouvoir, de quotidien, de jalousie et aussi, beaucoup plus tard, de sexe », note Philip Bethge dans Der Spiegel. Ces correspondances montrent, selon les deux chercheuses, comment « le désir de sentiments authen­tiques est toujours contrebalancé par les normes sociales dominantes de l’époque ». On y découvre notam­ment à quel point le rapport entre les sexes a évolué :…
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