Tous cannibales

Personne ne fait revenir son voisin aux petits oignons avec une pointe de piment. Et pourtant, manger un membre de sa propre espèce est totalement ­naturel, explique le biologiste Bill Schutt. Chez les invertébrés, c’est même la règle plutôt que l’exception. Pour les autres, c’est tout à fait ­commun. Tout le monde connaît les ­petites habi­tudes de la mante religieuse. Mais le requin-­taureau ou la limace-­banane n’ont pas plus d’égards pour leurs ­semblables. « Chez les animaux, le cannibalisme peut offrir des avantages évolutifs pour faire face à des ­problèmes que Schutt résume ainsi : trop d’enfants, pas assez de place, trop de mâles, pas assez de nourriture », souligne Bee Wilson dans The Guardian. Les humains eux-mêmes ne s’entre-dévorent pas uniquement quand ils n’ont rien d’autre à se mettre sous la dent. Un livre de cuisine de la dynastie chinoise Yuan présente les diverses ­façons d’accommoder la viande ­humaine, des mets raffinés pour les aristocrates de l’époque. Il était aussi de coutume pour les jeunes Chinois de couper un morceau d’eux-mêmes (dans...
LE LIVRE
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Cannibalism : A Perfectly Natural History de Bill Schutt, Algonquin Books of Chapel Hill, 2017

ARTICLE ISSU DU N°83

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Si l’homme est un loup pour l’homme, tout ça reste en dehors de la cuisine. Personne ne fait revenir son voisin avec des petits oignons et une pointe de piment. Et pourtant, le cannibalisme est totalement naturel, explique le biologiste Bill Schutt dans Cannibalism : A Perfectly Natural History. Chez les invertébrés (qui représentent 95% de la vie animale), c’est même la règle plutôt que l’exception. Et dans les 5% restants, c’est tout à fait commun. Tout le monde connaît les petites habitudes de la mante religieuse. Mais le requin taureau ou la limace banane n’ont pas plus d’égards pour leurs proches. Et même les humains ne s’entredévorent pas uniquement quand ils n’ont rien d’autre à se mettre sous la dent. Un livre de cuisine de la dynastie chinoise Yuan présente ainsi les diverses façons de préparer la viande humaine, des mets raffinés pour les aristocrates de l’époque. Et ce n’est là qu’un exemple, le goût pour le cuissot...
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Cannibalism : A Perfectly Natural History de Bill Schutt, Algonquin Books of Chapel Hill, 2017

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