À 2 milliards près…

L’ONU n’a plus le monopole des projections concernant la population mondiale. Pour les dernières décennies du siècle, les divergences entre experts se creusent. Le pic attendu aura-t-il lieu dès 2064 ou après 2100 ? S’établira-t-il à 9,7 milliards, 10,9 milliards, voire 12,4 milliards ? Faut-il craindre la surpopulation ou surtout un vieillissement accéléré ? 


La première tentative moderne et globale de prédire la trajectoire à long terme de la population humaine a eu lieu en 1945. Le nombre d’habitants sur Terre avait plus que doublé au cours du siècle et demi précédent, pour atteindre plus de 2 milliards, et les experts craignaient que la production alimentaire ne puisse suivre le rythme. Frank W. Notestein, directeur fondateur de l’Office of Population Research de Princeton, estima qu’il y aurait environ 3,3 milliards d’êtres humains sur la planète en l’an 2000. 

Il ne s’est trompé que d’environ 3 milliards. À la fin du millénaire, la population mondiale a dépassé les 6 milliards, et a augmenté de près de 2 milliards depuis. Néanmoins, le travail de Notestein a été déterminant. En 1946, il fut nommé directeur de la toute nouvelle Division de la population des Nations unies (DPNU), qui continue aujourd’hui à établir des projections démographiques à l’échelle mondiale. Celles-ci aident les chefs d’État à anticiper la demande de nourriture, d’eau et d’énergie, ainsi qu’à planifier...

LE LIVRE
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Why Demography Matters de Danny Dorling et Stuart Gietel-Basten, Polity, 2017

ARTICLE ISSU DU N°122

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