Benazir Bhutto prêche la tolérance

Dans un inédit posthume, la « Sultane » assassinée propose une brillante interprétation de l’islam, mais passe un peu vite sur ses échecs et le soutien aux talibans du Pakistan qu’elle gouvernait.

Il faut se représenter la scène. Nous sommes le 2 décembre 1988. Une belle femme de 35 ans pénètre dans le palais présidentiel d’Islamabad, la capitale du Pakistan. Des hommes portant turban l’entourent, membres en livrée de sa garde d’honneur. Elle est vêtue d’une tunique de soie verte ; une fine étoffe blanche recouvre à peine ses cheveux. Cette femme parle un ourdou et un anglais parfaits – cet anglais qu’elle a perfectionné dans les meilleures universités, Radcliffe d’abord, puis Oxford, où elle a présidé la prestigieuse Oxford Union. Intelligente, cultivée, et incroyablement charismatique, elle est sur le point de prêter serment et devenir la première femme à diriger un pays musulman moderne. L’idée que l’on se fait de Benazir Bhutto a toujours été plus forte que la réalité. Pour nombre de ses admirateurs en Occident, elle était le progressisme incarné. Mais la femme assassinée lors d’un meeting électoral en décembre 2007, à Rawalpindi, près d’Islamabad, était aussi l’héritière de l’une des plus vieilles familles féodales du Sind. L’étendue des terres possédées par ...
LE LIVRE
LE LIVRE

Pour une réconciliation de Benazir Bhutto prêche la tolérance, Heloïse d'Ormesson

SUR LE MÊME THÈME

En librairie Jeunesse dorée japonaise
En librairie Pour un politiquement incorrect de gauche
En librairie Chronique d’un fiasco

Dans le magazine
BOOKS n°119

DOSSIER

Guerre froide 2.0

Chemin de traverse

18 faits & idées à glaner dans ce numéro

Edito

D’une guerre froide à l’autre

Bestsellers

L’art presque perdu de se concentrer

par Ekaterina Dvinina

Voir le sommaire