Chacun sa croix

À la fin du XVIe siècle, l’humaniste flamand Juste Lipse consacre une étude minutieuse au supplice de la crucifixion. Une façon de dénoncer la cruauté de l’espèce humaine.

À  l’aube du XVIIe siècle, « le Grand siècle des âmes » selon l’expression de l’écrivain Daniel Rops, le peuple chrétien se préoccupe intensément du Christ. L’originalité de Juste Lipse, un humaniste catholique né dans le duché de Brabant et disciple d’Érasme, c’est de s’intéresser non pas à la vie de Jésus mais à sa mort sur la croix. Mais pourquoi une croix ? Et de quelle forme, précisément ? Pour répondre à ces questions primordiales mais généralement escamotées, Juste Lipse mobilise son immense savoir philologique (sa compétence première) mais aussi philosophique, historique, biologique, clinique et juridique et s’adjoint le talent des graveurs sur bois qui illustrent ses affolantes descriptions. Qu’était au juste une croix ? Une ou des poutres auxquelles un homme était attaché jusqu’à ce que mort s’ensuive – un supplice phénicien que les Romains avaient adopté avec enthousiasme. Quelle forme avait-elle ? Celle d’un X, d’un T, voire d’une croix latine, mais Lipse inclut dans cette catégorie le poteau en I, soit le pilori ou le pal, et aussi la potence. Comment y était-on fixé ? ...
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Crucifixions de Juste Lipse, Arléa, 2018 (1re édition 1593)

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