Coupables, forcément coupables

Vous êtes délinquant, alcoolique, anorexique, asocial ? Ne cherchez plus ! Votre mère en est la cause. Tel est du moins le discours qui domine aux États-Unis depuis le début du XXe siècle, créant un climat délétère autour de la maternité. Une solution : renoncer à l’idéal de la « bonne mère ».


Fantine, Margaret Bernardine Hall
Qu’est-ce qu’une bonne mère ? Combien en connaissez-vous ? Peut-être pensez-vous en être une. Ou bien que votre mère l’était. Mais, dans ce cas, il est peu probable que vous ayez la même vision des choses. Car la mode change, observent Molly Ladd-Taylor et Lauri Umansky dans “Bad” Mothers, l’ouvrage collectif qu’elles ont dirigé. Même au sein d’une époque donnée, les experts divergent sur les vertus du lait maternel [lire « L’intox de l’allaitement » et l’entretien avec Sarah Hrdy], de l’alimentation solide ou des habitudes de sommeil. La mère doit-elle rester à la maison ? Peut-elle donner la fessée ? Quel est l’âge idéal pour devenir mère ? Autant de questions qui divisent les Américains, qui ne savent pas davantage si un bébé autorisé à dormir dans le lit de ses parents est plus serein ou excessivement dépendant. Et continuent de se demander s’il est mauvais d’allaiter encore...
LE LIVRE
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“Mauvaises” mères. Politique d’incrimination dans l’Amérique du XXe siècle de Coupables, forcément coupables, New York University Press

ARTICLE ISSU DU N°24

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