Crime et châtiment à l’antique
par Matthias Schulz

Crime et châtiment à l’antique

Les Athéniens privilégiaient le poison et enfonçaient un gros radis dans le rectum de l’adultère. Les Romains enfermaient le parricide dans un sac, avant de le jeter à l’eau. Les Perses enfermaient les criminels dans un tonneau et les faisaient fermenter dans leurs propres excréments…

Publié dans le magazine Books, mars 2013. Par Matthias Schulz
Au IVe siècle av. J.-C., une jeune femme acquit à Athènes une richesse colossale grâce à sa beauté. Elle exerçait la profession d’escort girl, envoûtait les dirigeants politiques et servait de modèle aux meilleurs sculpteurs de la ville. On raconte que personne ne pouvait résister à ses charmes. Mais Phryné (« crapaud »), comme on l’avait surnommée, par jalousie, mais aussi à cause de la couleur olivâtre de sa peau, dépassa les bornes. Elle prétendit un jour qu’elle était aussi belle qu’Aphrodite. C’était un blasphème. Ses ennemis la traînèrent devant l’Aréopage, rocher de 115 mètres de haut sur lequel siégeait le tribunal d’Athènes. Elle risquait la peine de mort, mais sut présenter un argument convaincant : elle se dévêtit ; et fut acquittée. L’existence de Phryné est attestée, mais le procès qui lui fut intenté serait une légende, à en croire le philologue Cornelius Hartz. « Dans la Grèce antique, les femmes n’étaient pas autorisées à se rendre devant le tribunal, même quand elles étaient les accusées », explique-t-il dans son livre. Dix-neuf affaires criminelles de l’Antiquité – et leur degré de véracité – sont examinées dans cet ouvrage. Parmi elles, le honteux forfait de Néron : il souhaitait éliminer sa mère en simulant un naufrage. Quand son plan échoua, il la fit poignarder. L’auteur s’intéresse aussi à la « conspiration du harem ». Ce nom désigne une tentative de coup d’État à la toute fin du règne de Ramsès III, à l’issue de laquelle une douzaine de conjurés furent exécutés. D’autres eurent le nez et les oreilles coupés. Dans l’Antiquité, il n’y avait pas de police « chargée de combattre et d’élucider les crimes ». Pas de Kojak, ni de Derrick. Autre particularité : les types de châtiment, qui peuvent étonner aujourd’hui. À Athènes, les citoyens condamnés à mort devaient se charger eux-mêmes de leur voyage vers l’au-delà – en avalant du poison. Socrate, déclaré coupable de corrompre la jeunesse, par 361 voix sur 501, but la coupe sans un murmure. Elle était remplie d’un jus de ciguë. Remontant à partir des…
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