Emma Goldman, une « femme dangereuse »

Lorsqu’elle débarque aux États-Unis en 1885, grèves et attentats s’y succèdent. Elle rejoint le mouvement anarchiste, dont elle devient la figure de proue, militant pour l’émancipation et l’amour libre et contre la conscription. Après plusieurs séjours en prison, elle sera expulsée vers la Russie bolchevique.


© APIC / Getty

Emma Goldman en 1901, sur une photo d’identité judiciaire prise à la suite de son arrestation pour complicité dans l’assassinat du président William McKinley.

Entre les années 1870, au cours desquelles des membres d’une société secrète de mineurs irlandais, les Molly Maguires, furent exécutés pour l’assassinat présumé de propriétaires de mines et de leurs hommes de main, et ce jour de l’été 1920 où l’anarchiste italien Mario Buda fit exploser sa carriole bourrée de dynamite devant la banque JP Morgan dans Wall Street, tuant une trentaine de passants, les États-Unis connurent une extraordinaire vague de violence sociale et politique, déclenchée pour l’essentiel par les nouveaux magnats de l’industrie et leurs alliés politiques.   Tous ces affrontements, qui créaient une atmosphère de guerre civile imminente, se terminèrent dans des effusions de sang : la grève des cheminots de 1877, l’attentat à la bombe de ­Haymarket Square, à Chicago, en 1886, la grève dans les aciéries de Homestead en 1892, la grève dans l’entreprise ferroviaire Pullman en 1894.   Entre 1877 et 1903, les troupes fédérales et des milices d’État furent mobilisées plus de 500 fois pour écraser des grèves au cœur de l’Amérique industrielle. Les patrons engagèrent des gros bras, des espions, ...
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Emma Goldman: A Documentary History of the American Years de Candace Falk, University of Illinois Press, 2008

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