La Fifa, ou la corruption en toute impunité

À partir des années 1980, l’instance dirigeante du football mondial a érigé la corruption en système. La justice américaine a fini par s’y intéresser. Mais tant que des États fortunés entendront faire du foot un instrument d’influence, les pratiques ne sont pas près de changer.


Sepp Blatter, octobre 2014/ Mohammad Hassanzadeh, Tasmin News, CC 4.0
Le 27 mai 2015, à l’aube, la ­police suisse fait une descente dans un hôtel cinq étoiles de Zurich, le Baur au Lac, et ­arrête sept hauts responsables de la ­Fédération internationale de football association (Fifa). « Le personnel atten­tionné de l’hôtel conduisit certains d’entre eux par la porte de service aux voitures qui les attendaient, en les protégeant des photographes avec des draps de lit », raconte le journaliste du Guardian David Conn. L’opération a été menée en colla­boration avec le FBI. Son directeur, James Comey, accuse les prévenus d’avoir « alimenté une culture de corruption et de cupidité ». Comme le ­relate Conn dans The Fall of the House of FIFA, l’enquête, commencée en 2011, portait sur les conditions d’attribution de l’orga­nisation des Coupes du monde de football 2018 et 2022, respectivement à la Russie et au Qatar. Sur le moment, ces interpellations ont rassuré beaucoup d’observateurs : le gendarme de la planète que sont les États-Unis était encore en mesure d’appréhender des délinquants internationaux. Mais, trois ans plus tard, le sentiment est tout autre. La
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The Fall of the House of FIFA: The Multimillion-Dollar Corruption at the Heart of Global Soccer de David Conn, Nation Books, 2017

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