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Julia Domna, impératrice

Après Scipion l’Africain et Trajan, l’auteur de romans historiques Santiago Posteguillo met une femme en vedette.

Il semblerait que les fées se soient penchées sur le berceau du romancier Santiago Posteguillo, puisque chacun de ses livres se hisse immanquablement parmi les meilleures ventes en Espagne. En 2006, sa fresque historique en trois volumes, centrée sur la figure de Scipion l’Africain, s’est écoulée à plus de 1 million d’exemplaires. Sa deuxième trilogie, consacrée à l’empereur romain Trajan, a rencontré un succès similaire. Son nouveau roman, Yo, Julia (« Moi, Julia »), récompensé par le prix Planeta, ne déroge pas à la règle. Les aficionados de ­Santiago Posteguillo se ­réjouiront d’y retrouver les ingré­dients qui ont fait le succès du romancier : batailles épiques, complots et trahisons avec, en toile de fond, les cités antiques du début de notre ère. Le récit se centre sur les cinq années suivant l’assassinat de Commode, l’empereur romain qui régna de 180 à 192.
Sa mort entraîna une période de grande instabilité, au cours de laquelle plusieurs prétendants tentèrent de s’arroger le titre d’empereur. C’est finalement le sénateur Septime Sévère qui réussit à monter sur le trône en 193. Mais cela n’aurait pas été possible sans le concours de son épouse Julia Domna, qui manœuvra pour évincer ses rivaux un à un. Et c’est toute l’ambition du roman de Posteguillo que de rendre à Julia ce qui est à Julia. Femme de tête, formée à la ­philosophie et habile stratège, l’impératrice savait également tirer parti de ses attributs fémi­nins pour arriver à ses fins. Si, à l’instar de Julia Domna, beaucoup de figures féminines sont restées dans l’ombre, c’est parce que ce sont les hommes qui écrivent l’histoire, explique Santiago Posteguillo dans une interview accordée au quotidien catalan El Periódico. « Moi aussi, je fais mon mea culpa, parce que, dans mes premiers livres, les femmes n’avaient que peu de poids dans le récit. » La parution de Yo, Julia bénéficie d’un timing doublement favorable. D’une part, elle coïncide avec la vague de protestation féministe qui secoue l’Espagne depuis plusieurs mois – en témoigne la grève historique qui mobilisa 5,3 millions d’Espagnoles à l’occasion de la Journée internationale des femmes le 8 mars 2018. D’autre part, la période d’instabilité décrite par Posteguillo n’est pas sans évoquer la crise que traverse l’Union européenne. L’auteur « affirme qu’écrire sur Rome revient principalement à décrire l’actualité, il compare la période troublée qui suivit le règne de Commode, où cinq empereurs se succédèrent en l’espace d’un an, avec les nombreuses luttes de pouvoir dans l’Europe actuelle », rapporte El Cultural, le magazine culturel du quotidien El Mundo.
LE LIVRE
LE LIVRE

Yo, Julia de Santiago Posteguillo, Planeta, 2018

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