La théocratie indienne

Le maître du pays, Narendra Modi, se dit « choisi par Dieu ». L’heure est aux lynchages de musulmans et aux meurtres de journalistes. Mais les racines de la situation plongent loin dans le passé. Les « poligarques » portent une lourde responsabilité.

L’un des tout premiers numéros de Books était intitulé « Inde : la démocratie miraculeuse ». C’est en effet une sorte de miracle que cet État géant de 1,3 milliard d’habitants soit une démocratie. Une démocratie certes réduite à sa plus simple expression, à savoir la possibilité de renverser un gouvernement par des élections. Une confirmation récente en a d’ailleurs été donnée, le parti de Narendra Modi ayant, au printemps dernier, subi une cuisante défaite dans l’État du Bengale-Occidental. Comment ne pas faire valoir aussi que, selon l’ONU, dans les vingt ans qui ont précédé l’arrivée de Modi au pouvoir, 270 millions d’Indiens sont sortis de la pauvreté ? Cependant, le nouveau maître de l’Inde, élu triomphalement en 2014, donne tous les signes de vouloir en finir avec ces éléments essentiels à la démocratie que sont la tolérance religieuse, la liberté d’expression et le respect des minorités. En 1990, rappelle Sonia Faleiro dans The Times Literary Supplement, Salman Rushdie avait averti : « C’est une question de survie. Si ...

LE LIVRE
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Tuer une démocratie. Le passage de l’Inde au despotisme de Debasish Roy Chowdhury et John Keane, Oxford University Press, 20221

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