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L’argent de Franco

L’argent de Franco

Les révélations d’un historien sur la fortune du Caudillo font voler en éclat le mythe de l’autocrate mû par ses seules convictions politiques.

« Le franquisme fut une dictature. » Dans un contexte où historiens et politiques s’attachent à réexaminer la nature du régime, la conclusion de l’historien Ángel Viñas est loin d’être triviale. Son livre a pour objectif de combattre ce qu’il considère comme une vaste entreprise de réhabilitation. Il est dirigé en particulier contre une biographie parue en 2014 sous la plume de Stanley Payne et Jesús Palacios (Franco, una biografía personal y política, « Franco, une biographie personnelle et politique »). Viñas conteste l’idée que le régime aurait évolué au fil des années « de l’autocratie vers l’empire de la loi ». Et fait des révélations fracassantes sur l’origine de la fortune du dictateur. « Franco est entré en guerre sans grande fortune. Il devait disposer des économies d’une famille de la classe moyenne, mais certainement pas de millions, déclare Viñas en entretien à El Mundo. Pourtant, en 1940, il détenait 32 millions de pesetas sur ses comptes. Il est impossible qu’il ait pu accumuler en quatre ans cette fortune avec sa seule solde de capitaine ou son salaire de chef de l’État (50 000 pesetas). » L’historien a découvert dans des sources jusqu’alors inexploitées la preuve que le Caudillo a détourné 7,5 millions de pesetas (85,6 millions d’euros) en écoulant pour son compte plusieurs tonnes de café dont le dictateur brésilien Getúlio Vargas avait fait cadeau au peuple espagnol en guerre. « Le café brésilien a été distribué à ses généraux pour qu’ils se chargent de le vendre au prix fixé par l’Administration (12,48 pesetas le kilo). Or, les 7,5 millions de pesetas tirées de cette opération commerciale sont allées directement sur le compte personnel du dictateur », rapporte Tereixa Constenla dans El País. Corrompu et corrupteur, le Généralissime a également offert quelque 10 000 paquets de cigarettes américaines à ses généraux pendant la guerre : « Cela peut paraître anecdotique, mais, à l’époque, les gens pouvaient se damner pour des cigarettes », précise Viñas. À quoi s’ajoutent la « donation mensuelle » de 10 000 pesetas de la part de la compagnie Telefónica Nacional et le transfert sur ses comptes personnels des dons envoyés par ses sympathisants au Fonds de donation nationale pour construire des collèges ou ériger des statues. À contre-courant de la légende selon laquelle Franco fut un homme désintéressé, qui dédaignait l’argent, Ángel Viñas démontre que le Caudillo travailla discrètement à l’accumulation d’un patrimoine personnel tout sauf négligeable.
LE LIVRE
LE LIVRE

L’autre visage du Caudillo de Ángel Viñas, Editorial Crítica, 2015

ARTICLE ISSU DU N°72

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