Le Mossad au féminin

Plutôt machistes au début, les services de renseignement israéliens se sont largement féminisés. À leur plus grand profit.


D’origine sud-africaine, l’espionne Sylvia Rafael est devenue une légende du Mossad. Elle est décédée en 2005, à 67 ans, des suites d’une leucémie. © Eone

En 1962, le représentant du Mossad au Caire, un matamore pas spécialement efficace, tombe fou amoureux d’une jeune juive allemande, Waltraud, et contre toutes les règles du service, l’épouse (alors qu’il est déjà marié en Israël). À la surprise générale, son chef les maintient en place tous les deux, car il réalise que c’est Waltraud qui fait tourner la boutique (et qu’un couple trompe bien mieux son monde). Les conjoints cumuleront les succès, parvenant à dévoiler un programme égyptien de fabrication de missiles et surtout à décourager des ingénieurs allemands d’y collaborer.
Le Mossad incarne les valeurs des Sabras, les Israéliens d’avant 1948 : patriotisme, ardeur, audace, efficacité – et machisme. Quoique : après Waltraud (et quelques héroïnes qui l’avaient précédée dans la lutte secrète des juifs contre les Turcs, les Anglais, les Arabes), l’agence israélienne de renseignement cessera de cantonner le staff féminin aux tâches subalternes pour l’employer sur le terrain. En 1960, Yehudit Friedman, une lohemet (guerrière), participera pour la première fois à ...

LE LIVRE
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Les Amazones du Mossad. Au cœur des services secrets israéliens de Michel Bar-Zohar et Nissim Mishal, Saint-Simon, 2022

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