David Eberhard : « Les enfants suédois ont pris le pouvoir »

David Eberhard : « Les enfants suédois ont pris le pouvoir »

À Stockholm, il est mal vu d’user de la moindre contrainte. Mais des voix s’élèvent pour dénoncer les excès d’un modèle d’éducation très permissif, qui produit une génération d’égoïstes.

Publié dans le magazine Books, juillet-août 2014.
  David Eberhard est un psychiatre suédois et l’auteur de trois précédents essais. Celui-ci a suscité de vifs débats en Suède, et été abondamment commenté dans la presse étrangère.   Vous dites que les adultes, en Suède, ne sont plus capables d’exercer leur autorité. À ce point-là ? Oui. En faisant des recherches pour mes précédents livres, j’en suis venu à cette conclusion : les petits Suédois ont pris le pouvoir. Profitant des méthodes d’éducation très permissives en vigueur dans le pays, ils se sont arrogé un droit de décision qui était autrefois le privilège des parents. Avec des conséquences très concrètes. Aujourd’hui, dans de très nombreuses familles, ce sont les enfants qui choisissent le menu, le lieu des vacances et même l’heure à laquelle ils vont se coucher ! Ce sont les parents qui leur ont laissé les rênes en renonçant à exercer leur autorité. Persuadés que leurs bambins sont de petites choses fragiles, ils sont terrifiés à l’idée de les traumatiser. Pas question, donc, de les soumettre à la contrainte. D’où la réticence à contrecarrer les désirs des petits : en Suède, il est très mal vu de gronder un enfant. Il n’est pas rare que les parents prennent à partie un professeur ayant donné une note qu’ils estiment trop basse à leur enfant !   En quoi cette philosophie est-elle nuisible ? Le risque, pour les enfants élevés ainsi, c’est d’être mal préparés à entrer dans l’âge adulte. Surprotégés et choyés comme des petits princes et princesses, il auront du mal à encaisser les chocs et à se débrouiller par eux-mêmes.   Mais de nombreux psychologues spécialistes de l’enfance ont condamné sans appel les parents autoritaires, qu’ils jugent responsables des névroses de leur progéniture… Je pense que ces théoriciens de l’éducation…
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Commentaire

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  1. SOPHIE RANC dit :

    Comme je suis d’accord avec vous cher Docteur Eberhard, enseignante et directrice d’une école parisienne privée depuis de très nombreuses années, je constate, moi aussi, avec tristesse et surtout inquiétude, la dégradation de la relation entre les parents et leurs enfants. Il semblerait que la peur de ne pas en être aimés, interdise aux parents d’exercer la moindre autorité sur leur progéniture. Au point qu’un tout petit d’à peine 3 ans régente (et c’est le mot) toute la vie de la famille… Aucune contrariété ne doit s’opposer aux désirs et aux caprices d’un enfant. Force est de constater que sans l’expérience de la frustration, il sera difficile à un petit humain d’apprendre les règles de la vie en société. De l’enfant ROI à l’enfant TYRAN… l’école, quant à elle, doit s’adapter, encore une fois, à devoir non seulement INSTRUIRE mais aussi de plus en plus EDUQUER. A quand l’école des parents ?
    Sophie RANC
    Ecole bilingue les MOINEAUX