Les marchés sont victimes d’épidémies

Les investisseurs sont des animaux hybrides, mi-rationnels mi-irrationnels. Parce qu’elle ne rend pas compte de cette réalité, l’économie classique reste incapable de fournir de bons outils d’évaluation des risques.

Fin 1996, Robert Shiller, un économiste de Yale de 53 ans spécialisé dans l’étude des marchés financiers, fut invité à prendre la parole devant Alan Greenspan et ses pairs du bureau de la Réserve fédérale (Fed). Shiller se rendit à Washington avec John Campbell, son collaborateur habituel et ancien étudiant, qui enseigne aujourd’hui à Harvard. Ils firent circuler un ensemble de graphiques et de tableaux suggérant que l’indice Dow Jones, qui approchait alors les 6 400 points, était largement surévalué. Greenspan ne dit pas grand-chose. Au déjeuner, Shiller lui demanda qui était le dernier président de la Fed à avoir déclaré que la Bourse était trop haute, et à quand cela remontait. Ce ne fut pas Greenspan mais un de ses adjoints qui donna la réponse : William McChesney Martin Jr., en 1965. Quelques jours plus tard, de retour à New Haven, Shiller conduisait son fils à l’école quand il entendit à la radio que les Bourses dégringolaient, partout dans le monde, après un discours de Greenspan dans lequel il s’était demandé si une «exubérance irrationnelle n’avait pas fait excessivement augmenter » le cours des actions. Shiller en fut saisi. « J’ai pensé : “...
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Exubérance irrationnelle de Robert J. Shiller, Princeton University Press

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