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Les très riches heures des hirsutes Gonzales

En 1547, un jeune garçon débarque à la cour d’Henri II. Né à Ténériffe, Petrus Gonzales est un cadeau de l’Espagne au roi de France, l’une de ces curiosités dont raffole l’Europe de la Renaissance à l’heure des grandes découvertes et des débuts de la science. Car Petrus Gonzales est poilu des pieds à la tête, souffrant d’une maladie génétique rarissime aujourd’hui connue sous le nom d’hypertrichose. Le garçon est traité non comme un monstre mais comme un bijou précieux. Il reçoit une éducation humaniste en latin?; devenu un homme jugé séduisant, il épousera une beauté à la peau lisse, dont il aura sept enfants, la plupart recouverts de la même fourrure, y compris les filles. En Italie, la puissance famille Farnèse se les arrache ; partout en Europe, on commande des portraits; les médecins les examinent. C’est cette incroyable histoire que raconte Merry Wiesner-Hanks, en l’utilisant pour initier le lecteur à la vie sociale et imaginaire de l’Europe du XVIe siècle.


Joris Hoefnagel, Animalia Rationalia et Insecta

La culture des Guanches, peuple indigène à la peau claire des îles Canaries, fut la première victime de l’impérialisme européen. En 1402,le roi de Castille dépêcha une petite bande de mercenaires à Lanzarote. Ils y bâtirent une forteresse, capturèrent le souverain de cette petite île et le contraignirent à la reddition, suivie du baptême chrétien de la population.Mais, après ce début tranquille, les choses se corsèrent pour les Espagnols.Ils mirent plus de quatre-vingt-dix ans ans à conquérir l’ensemble de l’archipel. Armés uniquement de javelines et de pierres, les Guanches avaient une telle connaissance de l’environnement montagneux et une telle détermination à défendre leur terre et leur mode de vie qu’ils firent des adversaires redoutables. Mais la peste finit par réussir là où chevaux, canons, armures et mousquets avaient échoué. Le jour de Noël de l’an 1495, le dernier des Guanches rendait les armes à Tenerife. On chassa les derniers insurgés des collines où ils s’étaient réfugiés, le costume traditionnel fut interdit et les captifs vendus ou astreints au travail sur l’une des nouvelles plantations de canne à sucre.Leur force physique et leur agilité faisaient des Guanches des marchandises fort prisées sur les marchés aux esclaves de Cadiz et de Séville.

 

Un article de luxe

En 1547, un jeune garçon de Tenerife fut expédié à Paris parles Espagnols et offert en cadeau à la cour du roi de France. Il s’appelait Petrus Gonzales. À l’exotisme de son lieu de naissance s’ajoutait une maladie héréditaire qui faisait de lui une curiosité de la nature : Gonzales était velu. Tout son corps mais aussi son visage étaient couverts de poils, ne laissant apparaître que les yeux, la bouche et les narines. La pilosité de son visage, la chose en lui la plus sauvage, fut déterminante pour sa carrière à la cour. Séduisant, blond, parlant l’espagnol et délicatement parfumé, c’était un article de luxe. On lui attribua un rang mineur dans la hiérarchie complexe des serviteurs qui pourvoyaient aux moindres besoins du roi. Plus tard, il épousa une femme réputée pour sa beauté et la douceur de sa peau, et le couple eut plusieurs enfants, dont la plupart étaient velus comme leur père. Au nombre de leurs rejetons hirsutes figuraient trois filles : Maddalena, Francesca et Antonietta.
Comme Merry Wiesner-Hanks le reconnaît dans la préface à The Marvellous Hairy Girls, tout ce que l’on sait de la famille Gonzales tient en quelques pages; la plus grande partie de son livre est donc faite de longues dissertations sur des sujets aussi divers que les conquêtes espagnoles, le monde de la cour, le mariage, l’enfantement, la vie de famille, la religion et les débuts de la science moderne. La matière est fascinante, mais les Gonzales sont un peu perdus de vue dans tout cela, leur histoire étant racontée au mépris de toute chronologie, en fragments servant à introduire les thèmes de Merry Wiesner-Hanks. Au regard de l’ampleur du travail d’investigation exigépar la localisation de l’ensemble des sources disponibles sur la famille, il paraît dommage de laisser au lecteur le soin d’assembler lui-même les pièces du puzzle[1].

La fascination pour les créatures velues et inapprivoisée savait déjà une longue histoire à l’aube de l’Europe moderne. Le sauvage hirsute, armé d’une massue et vêtu de peaux de bêtes, était un personnage récurrent des fêtes villageoises et des carnavals urbains. À la fois source d’excitation et de crainte en cette époque où des sorcières barbues pouvaient bien être en train de préparer quelque breuvage dans le village voisin, où les loups-garous hantaient les bois et des femmes-singes couraient de lointaines contrées. Après la conquête des Canaries, la vision de la pilosité devint plus positive : des hommes à demi nus, musclés et poilus en vinrent à symboliser la force, la liberté et la simplicité. Et plus de deux cents familles les ajoutèrent à leurs armoiries. À Bâle, un cercle masculin du nom de Zur Haaren – « Aux poils » – commanda à Holbein le Jeune un blason à l’effigie d’un homme velu.

Des médecins et des ecclésiastiques du XVIe siècle pestèrent contre le rasage, un praticien anglais se plaignant de l’« obscène Délicatesse et répugnante Joliesse » des nouveaux dandys.Le même auteur considérait certes les femmes exceptionnellement hirsutes comme des monstres, mais elles n’étaient pas toujours un objet de dérision et de crainte. Leur sainte patronne était Marie-Madeleine, dont la légende s’était à l’époque enrichie de nombreux détails, dont l’épisode de sa retraite pénitentielle dans une grotte, pendant lequel sa chevelure déjà prodigieuse aurait poussé jusqu’à recouvrir tout son corps. Les femmes qui voulaient se débarrasser de leurs maris invoquaient quant à elles sainte Uncumber, qui avait supplié Dieu de lui épargner un mariage arrangé et s’était vue gratifiée d’une magnifique barbe, faisant fuir son fiancé. De magnifiques sauvageonnes, au visage imberbe, au corps poilu et aux boucles à la Farah Fawcett, commencèrent à apparaître sur les vitraux et les tasses du XVIe siècle comme symboles de fécondité, de protection et de force.

 

L’une des cours les plus extravagantes d’Europe

C’est au beau milieu de cette mode du poil que surgit Petrus Gonzalez. Ses origines guanches ne sont pas véritablement attestées. Il était peut-être le fils de colons espagnols, à moins qu’il fût métis. Mais le fait d’être associé aux indigènes vaincus des Canaries conféra assurément une touche d’exotisme à son charme. Il était âgé d’environ 10 ans, dit-on, lorsqu’il arriva à la cour du roi Henri II récemment couronné. Son pelage était fin et blond, telle la fourrure de la zibeline, et il était jugé « très séduisant »par un commentateur, qui remarque également la bonne odeur de sa chevelure, et note que le garçon « parlait espagnol et était vêtu comme une personne normale ».

La cour d’Henri II, qui compta jusqu’à dix mille personnes, était l’une des plus extravagantes d’Europe. Catherine de Médicis,l’épouse du roi, entretenait elle-même une maisonnée parallèle de nains qui reproduisaient en miniature les rites royaux pour amuser ses courtisans tout en leur rappelant leur minuscule rang. Gonzalez n’eut semble-t-il aucune difficulté à trouver sa place dans cette foule chatoyante, jouant une partition entre courtisan, « curiosité » et serviteur. Henri décréta que le jeune garçon devait se voir enseigner les humanités, en latin. Les motivations du rois ont obscures, mais peut-être savourait-il le contraste entre la bestialité de son apparence et le raffinement de ses dons linguistiques, ce qui en faisait un être aussi « curieux » qu’un nain vêtu de brocart ou un chien dansant sur ses pattes de derrière. À l’adolescence, Gonzales devint porteur adjoint du pain de Sa Majesté, rôle qui le rapprocha opportunément de la personne royale.
Gonzales aurait été envoyé à la cour du roi de France en raison de son penchant bien connu pour l’exotisme. Chaque fois que le roi et son entourage entraient majestueusement dans une nouvelle ville, les dignitaires locaux rivalisaient d’extravagances : châteaux enchantés,déesses, baleines artificielles, fées, géants ou héros mythologiques pouvaient être présentés. En 1550, peu après la fondation par les Portugais de Salvador,la première capitale coloniale du Brésil, la ville de Rouen avait reconstitué un faux village brésilien pour accueillir la famille royale, avec ses perroquets, ses arbres, ses singes, ses hamacs, et cinquante captifs à demi nus– hommes et femmes – qui jouèrent une scène de bataille avec flèches et gourdins. En 1564 (après la mort d’Henri et de leur fils aîné,François II), Catherine parcourut le royaume, escortée d’une ménagerie aux jappements et hurlements incessants, où l’on trouvait des singes montés sur des chevaux, des ours, des lions, ainsi que les inévitables oiseaux et autres chiens.

Gonzales disparaît des annales pendant un certain temps,après sa nomination à la fonction de porteur de pain adjoint, mais il survécut à l’une des périodes les plus sanglantes de l’histoire de France pour réapparaître, à la quarantaine, dûment marié et père de plusieurs enfants. Vers1580, un noble bavarois commanda des portraits de Gonzales et de sa famille pour un puissant parent : quatre toiles grandeur nature, chacune consacrée à un personnage, représentant Gonzales, sa jolie femme à la peau lisse et deux de leurs enfants, Maddalena et Enrico, tous deux velus. L’artiste (dont le nom est à juste titre oublié) a fait des Gonzales de lugubres nounours de la Renaissance. Sobrement vêtu d’une toge noire de lettré, Petrus regarde tristement le spectateur, le long pelage de son visage retombant sur une fraise blanche, tandis qu’apparaît derrière lui l’entrée d’une grotte, référence à l’habitat traditionnel des Guanches. Âgée de 7 ou 8 ans, Maddalena porte une robe de brocart d’or digne d’une princesse, incrustée de perles et de pierres précieuses, une grande croix ornée de pierreries sur le corsage, une fraise en dentelle rigide entourant sa gorge velue, et une autre grotte sombre à l’arrière-plan. Enrico, 2 ans, est engoncé dans une version miniature du manteau de son père. Tous trois vous fixent d’un air malheureux depuis la toile, comme s’ils conjuraient l’artiste de les libérer de leur affliction.

Ce sont les plus célèbres portraits de la famille Gonzales.Le duc bavarois qui les avait commandés en fit cadeau à son puissant oncle,Ferdinand II, archiduc du Tyrol, qui les accrocha aux murs de son palais d’été, le château d’Ambras, lequel a donné son nom à cette maladie du système pileux (syndrome d’Ambras). Les toiles furent beaucoup copiées, la dernière fois en 1872, quand l’empereur d’Autriche en fit exécuter des variantes pour la clinique dermatologique de Vienne, dont les médecins donnèrent au syndrome son nom latin : Hypertrichosis universalis (hypertrichose). Moins de cinquante cas de cette maladie ont été recensés au cours des quatre siècles écoulés depuis la réalisation des portraits des Gonzales.

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Le jouet des Farnèse

Peu après ce premier contact avec la célébrité, les Gonzalesse retrouvèrent sous la protection de nouveaux mécènes. Vers 1590, un long voyage les mena à Parme, dans le nord de l’Italie, où ils intégrèrent la suite de la puissante famille Farnèse. Catherine et Petrus avaient eu quatre autres enfants : deux filles poilues et deux garçons, l’un velu, l’autre glabre.Les enfants velus passaient d’un membre de la famille Farnèse à un autre, faisant partie de cette économie du don qu’affectionnait le clan. Finalement,tous les Gonzales se regroupèrent dans le village de Capodimonte, au nord de Rome, où ils vécurent jusqu’à la fin de leurs jours, toujours dépendants de la protection des Farnèse, mais sans plus être traités comme leurs biens ou leurs jouets.

Quand la famille Gonzales arriva en Italie, il revint à des artistes plus talentueux de les peindre. Vers le tournant du XVIIe siècle,Enrico, le frère aîné, fit l’objet d’un traitement baroque complet de la part d’Augustin Carrache, qui le plaça au centre d’un invraisemblable capharnaüm deces créatures exotiques chères aux Farnèse. Flanqué de « Pietro le Fou » et du « nain Amon », Enrico donne des cerises à un perroquet. Un singe est perché sur son épaule et un autre taquine le chiot assis sur ses genoux. Finies la mise guindée et les allusions à la piété chrétienne : Enrico arbore la peau de chèvre de ses supposés ancêtres guanches, et la représentation idéalisée de son corps presque nu renvoie aux dieux et héros païens chers à Carrache et à ses mécènes. Le caractère pompier de l’ensemble est considérablement renforcé par le fait que son visage est velu, alors que son corps sculpté est montré plus ou moins imberbe.

Il existe également un portrait du jeune frère d’Enrico,Orazio, vêtu d’une peau de bête. Il s’agit d’une gravure – une effigie –commandée par un autre courtisan, qui a « rejoint dans l’amour » le défunt, selon l’inscription. Orazio est représenté le visage encadré de bouclettes soyeuses, avec une moue mélancolique – adorable garçon boudeur montré en train de se transformer en épagneul pour avoir refusé les avances d’un dieu de l’Olympe rancunier. Orazio, pourtant, épousa une fille du village et eut des enfants. Enrico, lui, passa pas moins de quatre fois devant l’autel,ses trois derniers mariages l’ayant uni à des femmes beaucoup plus jeunes. Enadditionnant les diverses bribes d’information – les peintures italiennes des deux garçons, la description de leur père en homme séduisant et parfumé, et la vie amoureuse apparemment riche qu’ils eurent tous trois –, on pourrait supposer que les hommes de la famille Gonzales étaient dotés d’un charisme sexuel suffisamment développé pour pouvoir porter leurs bouclettes avec une certaine insouciance.

 

L’ordre de la nature

Charmants ou non, les velus Gonzales étaient des êtres-objets, achetés, échangés, offerts et légués, au titre de ce collectionnisme qui frappait l’Europe du XVIe siècle, alors que les Grandes Découvertes repoussaient les limites du monde connu. Ulysse Aldrovandi était l’un des plus célèbres collectionneurs de l’époque. Cet érudit de noble extraction dut à son insatiable curiosité d’être accusé d’hérésie et assigné à résidence pendant plusieurs mois à Rome. Il surmonta ce revers et finit pa renseigner la logique et la philosophie à l’université de Bologne, où il amassa plus de dix-huit mille objets. Aux alentours de 1594, Aldrovandi examina deux des membres de la famille Gonzales de passage à Bologne, remarquant que la fille « était hérissée de poils jaunes jusqu’à la naissance des reins ». Il manifesta cependant un manque d’intérêt fort frustrant pour les détails de leur histoire. Sa collection comprenait sept portraits de divers Gonzales velus, mais aucun n’avait été réalisé d’après nature; tous étaient des copies de copies, fondées sur des anecdotes de troisième main.

Les observations d’un autre érudit, qui examina la famille Gonzales à peu près à la même époque, offrent un contraste bienvenu avec l’imprécision d’Aldrovandi. L’ascension fulgurante de Felix Platter– petit-fils de berger devenu médecin – atteste la mécanique étonnamment bien huilée de la mobilité sociale dans la Suisse du XVIe siècle. Avec le détachement propre aux anatomistes, il examina Petrus, Catherine et deux de leurs enfants, notant lui aussi que la petite fille était extrêmement velue le long de la colonne vertébrale. Ces observations sont suivies d’une brillante inversion de l’ordre habituel des curiosités et émerveillements : « Puisque nous avons des poils dans chaque pore de notre corps, fait remarquer Platter, il n’est pas étonnant que ceux de certaines personnes, comme de nombreux animaux, soient plus longs et poussent indéfiniment, à l’instar des ongles. Il est bien plus étrange que, dans certaines parties du corps où ils poussent, ils conservent la même longueur, comme dans les sourcils, alors qu’en d’autres parties ils sont si courts qu’ils sont à peine visibles. » C’est nous – avec nos sourcils épilés et nos joues glabres – qui sommes des monstres. La famille Gonzales, elle, correspond davantage à l’ordre de la nature.
Aldrovandi et Platter ont tous deux tenu à examiner les membres féminins de la famille mais nous possédons, par ailleurs, peu d’informations sur les vies des petites filles velues. Merry Wiesner-Hanks utilise ce désolant silence pour soutenir que, « même chez les prodiges,les vies des femmes et des hommes étaient très différentes ». Et elle se demande à quel point les filles paraissaient beaucoup plus monstrueuses que les fils. On peut raisonnablement penser qu’elle a infléchi son projet de manière à attirer le lecteur par un titre émoustillant, « filles velues » étant à n’en point douter plus accrocheur que « personnes velues » en notre époque dépilatoire. Nous apprenons dans la préface qu’Enrico a laissé quantité d’archives, notamment des lettres et des dossiers concernant ses affaires, qui pourraient sûrement apporter un nouvel éclairage sur bien des aspects de son époque. Mais l’auteur ne nous offre que des bribes de ces informations, de peur qu’Enrico éclipse ses sœurs, qui nous observent furtivement depuis les ténèbres de l’histoire avec une discrétion qui sied peut-être à leur sexe, mais les disqualifie comme personnages principaux de l’histoire de leur famille.

 

Ce texte est paru dans la London Review of Books le 23 juillet 2009. Il a été traduit par Philippe Babo.

Notes

1| L’essentiel du travail d’investigation a été fait non par Merry Wiesner-Hanks, mais par Roberto Zapperi, dans son livre Der Wilde Mann von Teneriffa. Die wundersame Geschichte des Pedro Gonzales und seiner Kinder (« L’homme sauvage de Ténériffe. La merveilleuse histoire de Pedro Gonzales et de ses enfants »), C.H. Beck, 2004.

Pour aller plus loin

– Pierre Ancet, Phénoménologie des corps monstrueux, PUF,2006.

– Stéphane Audeguy, Les Monstres. Si loin, si proches, Gallimard,  coll. « Découvertes » 2007.

– Annie Ibrahim (dir.), Qu’est-ce qu’un monstre ?, PUF, 2005.

– Laura Lunger Knoppers et Joan B. Landes, Monstrous Bodies/PoliticalMonstrosities in Early Modern Europe, Cornell University Press, 2004.

– Armand Marie Leroi, Mutants. On the Form, Varieties and Errors of the Human Body, Harper Collins, 2003.

 

LE LIVRE
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Les extraordinaires filles poilues de Les très riches heures des hirsutes Gonzales, Yale University Press

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