Les très riches heures des hirsutes Gonzales
par Cathy Gere

Les très riches heures des hirsutes Gonzales

En 1547, un jeune garçon débarque à la cour d’Henri II. Né à Ténériffe, Petrus Gonzales est un cadeau de l’Espagne au roi de France, l’une de ces curiosités dont raffole l’Europe de la Renaissance à l’heure des grandes découvertes et des débuts de la science. Car Petrus Gonzales est poilu des pieds à la tête, souffrant d’une maladie génétique rarissime aujourd’hui connue sous le nom d’hypertrichose. Le garçon est traité non comme un monstre mais comme un bijou précieux. Il reçoit une éducation humaniste en latin?; devenu un homme jugé séduisant, il épousera une beauté à la peau lisse, dont il aura sept enfants, la plupart recouverts de la même fourrure, y compris les filles. En Italie, la puissance famille Farnèse se les arrache ; partout en Europe, on commande des portraits; les médecins les examinent. C’est cette incroyable histoire que raconte Merry Wiesner-Hanks, en l’utilisant pour initier le lecteur à la vie sociale et imaginaire de l’Europe du XVIe siècle.

Publié dans le magazine Books, novembre-décembre 2009. Par Cathy Gere

Joris Hoefnagel, Animalia Rationalia et Insecta
La culture des Guanches, peuple indigène à la peau claire des îles Canaries, fut la première victime de l’impérialisme européen. En 1402,le roi de Castille dépêcha une petite bande de mercenaires à Lanzarote. Ils y bâtirent une forteresse, capturèrent le souverain de cette petite île et le contraignirent à la reddition, suivie du baptême chrétien de la population.Mais, après ce début tranquille, les choses se corsèrent pour les Espagnols.Ils mirent plus de quatre-vingt-dix ans ans à conquérir l’ensemble de l’archipel. Armés uniquement de javelines et de pierres, les Guanches avaient une telle connaissance de l’environnement montagneux et une telle détermination à défendre leur terre et leur mode de vie qu’ils firent des adversaires redoutables. Mais la peste finit par réussir là où chevaux, canons, armures et mousquets avaient échoué. Le jour de Noël de l’an 1495, le dernier des Guanches rendait les armes à Tenerife. On chassa les derniers insurgés des collines où ils s’étaient réfugiés, le costume traditionnel fut interdit et les captifs vendus ou astreints au travail sur l’une des nouvelles plantations de canne à sucre.Leur force physique et leur agilité faisaient des Guanches des marchandises fort prisées sur les marchés aux esclaves de Cadiz et de Séville.   Un article de luxe En 1547, un jeune garçon de Tenerife fut expédié à Paris parles Espagnols et offert en cadeau à la cour du roi de France. Il s’appelait Petrus Gonzales. À l’exotisme de son lieu de naissance s’ajoutait une maladie héréditaire qui faisait de lui une curiosité…

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