Louis-Sébastien Mercier, prophète maudit

Graphomane, bouffeur de curés, champion du néologisme et pourtant membre de l’Académie, épris de liberté mais puritain dans l’âme : Louis-Sébastien Mercier était décidément un drôle d’énergumène. Portrait d’un homme qui ne craignait pas la contradiction.


Le Carnaval des rues de Paris, 1757, peint par Étienne Jeaurat (1699-1789). Ce tableau est visible au musée Carnavalet, à Paris. © Paris Musées/Musée Carnavalet

Connaissez-vous Louis-Sébastien Mercier ? Probablement pas. On ne peut pourtant reprocher à cet écrivain du XVIIIe siècle de n’avoir pas fait le maximum, littérairement parlant, pour que la postérité se souvienne de lui. En soixante-treize ans d’existence, il aura produit plus de 90 œuvres, dont une cinquantaine de pièces de théâtre. Il aura tâté de quasiment tout de ce que l’on appelait jusqu’il y a peu les humanités : histoire, art, philosophie, littérature, dramaturgie, linguistique, théologie, grammaire, rhétorique, politique… C’était un polygraphe, polymathe, polyvalent, polymorphe, poly tout. Et sa vie, commencée sous l’Ancien Régime et achevée sous la Restauration, aura été aussi riche en péripéties politiques qu’en écrits. Républicain anticlérical exécrant la monarchie, il s’exilera en Suisse en 1781. Sous la Révolution, il sera d’abord jacobin, puis girondin, avant d’être jeté en prison par Robespierre qu’il avait insulté. Conventionnel, il votera la destitution mais pas la mort de Louis XVI. Plus tard, il rejoindra le Conseil des Cinq-Cents avant de frôler ...

LE LIVRE
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Le Tableau de Paris de Louis-Sébastien Mercier, La Découverte Poche, 2006

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