Moscou underground

Moscou underground

Publié dans le magazine Books, septembre/octobre 2018.
Née en 1966, Julia Kissina vit depuis 1990 à Berlin. Dix ans auparavant, elle avait déjà quitté son Kiev natal pour s’installer à Moscou, où elle s’était retrouvée au cœur de la scène artistique, notamment le mouvement conceptualiste. Dans son dernier roman, Elephantina, qui vient de paraître en Russie (après avoir été publié en Allemagne sous le titre « Les années moscovites d’Elephantina »), elle revient sur cette décennie très particulière, les années de la perestroïka, qui s’est terminée par l’implosion de l’Empire soviétique. Elephantina, c’est elle. C’est le surnom que lui ont donné ses camarades de l’époque, dont certains deviendront de grands noms de la littérature russe, tels Vladimir Sorokine et Viktor Erofeev. C’est un roman d’apprentissage et une chronique assez fidèle de ces années, pleines d’énergie, d’espoir et de défonce, où les amitiés et les amours se font et se défont et où le KGB n’est jamais très loin. Mais, à la différence d’autres romans situés dans les années 1980, Kissina refuse de faire du name dropping, note le quotidien libéral Kommersant : tous ses personnages, à l‘excep­tion du célèbre linguiste Viktor Chklovski, portent, comme elle, des surnoms fantasques. Ce qui correspond bien, finalement, à la tonalité de ce récit qui ne veut blesser ni glorifier personne, se console le critique de Kommer­sant, rappelant qu’il ne s’agit en aucun cas d’un roman à clé. « Comme s’il avait été écrit par une ado tourmentée par un ego immense, Elephantina se révèle un livre simple, touchant et éton­namment juste .»

Découvrez la Booksletter !

Inscrivez-vous à la Booksletter et bénéficiez d'un mois d'abonnement Web gratuit !
Déjà abonné ? connectez-vous !
Imprimer cet article
0
Commentaire

écrire un commentaire