Nationalisme blanc

Le politologue américain Francis Fukuyama analyse la montée du sentiment identitaire chez une catégorie sociale fragilisée et en manque de reconnaissance.

Francis Fukuyama s’est trompé en annonçant la fin de l’histoire, il le ­reconnaît volontiers. C’était en février 1989, neuf mois avant la chute du mur de Berlin. Il pensait que la démocratie libérale l’avait définitivement emporté, au risque de nous engager dans une ère de l’ennui. Et puis « vers le milieu des années 2000, le mouvement vers un ordre mondial ouvert et libéral a commencé à ralentir, pour finalement s’inverser », écrit le politologue américain dans son nouvel ouvrage. Ce qu’il n’avait pas prévu, c’est la montée des revendications identitaires, marquée par l’islamisme mais aussi la résurgence de nationalismes étroits, en Europe et ailleurs. L’élection de Donald Trump révèle à ses yeux que « le nationalisme blanc a cessé d’être un mouvement marginal pour prendre une place beaucoup plus centrale dans la vie politique américaine ». Ce qui est en cause, c’est la « perte de statut » d’une classe sociale en proie aux difficultés économiques et qui se sent devenir « invisible ». Des gens qui, comme les gilets jaunes en France, pourrait-on ajouter, ont le sentiment « d’avoir é...
LE LIVRE
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Identity: The Demand for Dignity and the Politics of Resentment de Francis Fukuyama, Farrar, Straus and Giroux, 2018

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