Nationalisme blanc

Nationalisme blanc

Le politologue américain Francis Fukuyama analyse la montée du sentiment identitaire chez une catégorie sociale fragilisée et en manque de reconnaissance.

Publié dans le magazine Books, mars 2019.
Francis Fukuyama s’est trompé en annonçant la fin de l’histoire, il le ­reconnaît volontiers. C’était en février 1989, neuf mois avant la chute du mur de Berlin. Il pensait que la démocratie libérale l’avait définitivement emporté, au risque de nous engager dans une ère de l’ennui. Et puis « vers le milieu des années 2000, le mouvement vers un ordre mondial ouvert et libéral a commencé à ralentir, pour finalement s’inverser », écrit le politologue américain dans son nouvel ouvrage. Ce qu’il n’avait pas prévu, c’est la montée des revendications identitaires, marquée par l’islamisme mais aussi la résurgence de nationalismes étroits, en Europe et ailleurs. L’élection de Donald Trump révèle à ses yeux que « le nationalisme blanc a cessé d’être un mouvement marginal pour prendre une place beaucoup plus centrale dans la vie politique américaine ». Ce qui est en cause, c’est la « perte de statut » d’une classe sociale en proie aux difficultés économiques et qui se sent devenir « invisible ». Des gens qui, comme les gilets jaunes en France, pourrait-on ajouter, ont le sentiment « d’avoir été déconsidérés par les élites du pays ». La montée de ce « nationalisme blanc » serait aussi à mettre en regard de la montée en puissance des femmes, qui ont tendance à « déloger les hommes, dans une économie de plus en plus dominée par les services ». Mais ce « nationalisme blanc » et le regain de réflexes xénophobes hostiles à l’immigration ne sont que des symptômes parmi d’autres. On a assisté ces décennies à…
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