Le nom de famille, label des inégalités

L’origine familiale pèse lourd dans la reproduction des inégalités. Faut-il envisager une réforme radicale du système éducatif ? Taxer plus lourdement les successions ? Inutile, assure un historien de l’économie. Quoi qu’on fasse, ces inégalités se perpétuent au fil des générations.

En janvier 2014, à la veille du Forum économique mondial qui rassemble chaque année chefs d’entreprise et dirigeants politiques à Davos, Oxfam ­publiait un rapport sur les inégalités qui fit la une des médias du monde entier. Les chiffres de l’ONG montraient que le patrimoine cumulé des 85 personnes les plus riches de la planète s’élevait à 1 000 milliards de dollars, soit autant que celui des 3,5 milliards les plus pauvres. Depuis la crise financière de 2008, l’idée que les inégalités sont nuisibles rencontre un consensus croissant. C’est l’un des rares points sur lesquels s’accordent les manifestants qui campent devant Davos chaque année et les habi­tués des petits fours réunis à l’intérieur. Mais les opinions divergent sur la ­façon d’y remédier. Les décideurs qui s’en soucient peuvent mettre en œuvre deux stratégies. La première privilégie l’égalité des résultats, au moyen de ­mesures fiscales et sociales à effet redis­tributif. La seconde favorise l’égalité des chances, une optique qui, dans sa forme la plus extrême, tend à indiquer que dans une méritocratie parfaite les inégalités...
LE LIVRE
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The Son Also Rises: Surnames and the History of Social Mobility de Gregory Clark, Princeton University Press, 2014

ARTICLE ISSU DU N°96

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