Opioïdes City

Opioïdes City

Publié dans le magazine Books, mars 2019.
Après Barry Meier et Pain ­Killer puis Beth Macy et Dopesick, Chris McGreal est le troisième journaliste à consacrer un livre à la crise des opioïdes aux États-Unis. Dans American Overdose, il choisit de s’intéresser à la ­petite localité de Williamson, en Virginie­-Occidentale, désormais surnommée « Pilliamson », de pill, « comprimé ». Il décrit dans American Overdose les files d’attente devant certaines cliniques de la ville où des médecins pas trop regardants prescrivent des antalgiques opioïdes à tour de bras. En une décennie, les pharmacies locales ont écoulé 20 millions de médicaments anti­douleur, soit, pour cette loca­lité de 3 191 habitants, environ 6 500 comprimés par personne. Dans la région des Appalaches, où la pauvreté sévit depuis la désindustrialisation, Williamson n’est pas une exception. Les ravages…
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Opioïdes city

Écrit par la rédaction de Books publié le 29 novembre 2018

Après Beth Macy et son Dopesick, Barry Meier et Pain Killer, Chris McGreal est le troisième journaliste à publier un livre consacré à la crise des opioïdes aux États-Unis. Dans American Overdose, il choisit de s’intéresser à la petite localité de Williamson, en Virginie-Occidentale. En quelques années, elle est devenue « Pilliamson », de pill, comprimé. Les accros aux antalgiques de toute la région viennent y faire la queue devant certaines cliniques où des médecins pas trop regardants prescrivent des opioïdes à tour de bras. En une décennie, les pharmacies locales ont écoulé 20 millions de médicaments antidouleur, soit pour cette ville de 3 191 habitants environ 6 500 comprimés par personne. Dans la région des Appalaches, où la pauvreté sévit depuis la désindustrialisation, Williamson n’est pas une exception. Les antidouleurs opiacés sont la drogue des « hillbillies », les blancs déclassés.

Les ravages sont tels que les médias parlent d’épidémie. Aux États-Unis, les décès par overdose de médicaments sur ordonnance ont plus que triplé ces dix dernières années.

Selon les Centres pour le contrôle et la prévention des maladies, on en recense plus de 40 par jour. Comment passe-t-on de la prescription de médicaments pour soulager des douleurs lombaires ou postopératoires à des addictions mortelles ? « En 1996, un nouveau produit à d’oxycodone, l’Oxycontin a été mis sur le marché, et les livres de Macy, Meier et McGreal accusent son fabricant, Purdue Pharma, d’être quasiment à lui seul à l’origine de la crise des opioïdes », résume la professeure de médecine Marcia Angell dans The New York Review of Books. Purdue Pharma expliquait que la diffusion lente de son médicament permettait un soulagement de plus longue durée et le rendait moins addictif que d’autres antalgiques opioïdes. Elle a usé de méthodes commerciales particulièrement agressives. « Interdire l’Oxycontin n’arrêtera pas l’épidémie », prévient cependant Angell. « Le problème de ces trois livres, et il est de taille, est qu’ils résument la crise des opioïdes au cas de Purdue Pharma. L’Oxycontin n’a pas créé cette épidémie, il l’a relancée. »

 

À lire aussi dans Books : Drogues, un étrange renversement de l’histoire, septembre 2010.

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