Pas africain, le féminisme ?

« Un triomphe », s’enthousiasme l’écrivain Itumeleng Molefi dans The Johannesburg Review of Books à propos du dernier roman de Jenni­fer Nansubuga Makumbi, The First Woman. L’auteure ougandaise y raconte le passage à l’âge adulte de Kirabo, une jeune fille de 12 ans qui habite le village de Nattetta à l’époque du régime sanguinaire d’Idi Amin Dada, dans les années 1970. Kirabo, qui tente de retrouver sa mère, consulte une vieille sorcière aveugle, Nsuuta. Cette dernière lui apprend que, si les ancêtres ont inventé des histoires, c’est pour mieux opprimer et rabaisser les femmes. Nsuuta pense que le caractère rebelle de Kirabo et ses pouvoirs surnaturels proviennent de la « première femme », qui était libre et indépendante. Ces traits n’existent plus chez la plupart des femmes, ce qui leur permet de mieux s’adapter à une société dirigée par les hommes. La romancière fait référence au concept ougandais de mwenkanonkano, antérieur au féminisme à l’occidentale, qui incite les femmes à lutter efficacement contre la domination masculine, quitte à faire semblant ...

LE LIVRE
LE LIVRE

La première femme de Jennifer Nansubuga Makumbi, Oneworld Publications, 2020

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