Pour l’amour des requins

Entre les hommes et les squales, ce n’est pas l’amour fou. Il faut dire que leurs mœurs et leurs habitudes alimentaires n’arrangent pas les choses. Ces poissons honnis ont pourtant leurs défenseurs. Car, s’ils sont moins dangereux pour l’homme que les sapins de Noël, nous en tuons 73 millions chaque année, dans l’indifférence. Une menace pour l’écosystème.


Luc Viatour / www.Lucnix.be
« Les scientifiques n’aiment pas parler du sexe chez les requins », écrit Juliet Eilperin dans sa divertissante étude des squales et de leur univers, Demon Fish. « Ils redoutent que cela ne renforce l’image populaire de ces créatures, réputées brutales et implacables. » De fait, et pour autant qu’on puisse le savoir (car l’accouplement n’a pu être observé que chez certaines espèces), l’affaire est des « plus rudes » ! Pour contraindre les femelles à subir leurs avances, les grands mâles doivent les mordre ou les immobiliser. Les biologistes marins peuvent d’ailleurs voir facilement si l’une d’elles s’est accouplée : sa chair sera sanguinolente ou à vif. L’acte est d’une telle violence que, à la saison de la reproduction, la femelle du requin-nourrice se réfugie en eau peu profonde et plaque fermement ses orifices reproductifs contre le sol marin ; pour éviter d’être victime de bandes de mâles errants « qui la pénétreront à tour de rôle avec leurs ptérygopodes » (le pénis version requin, un organe double situé derrière la nageoire pelvienne). Une portée de cinquante bébés aura entre deux et ...
LE LIVRE
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Poisson démoniaque de Pour l’amour des requins, Duckworth

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