Pourquoi les oiseaux aiment la ville
par Robert Paxton

Pourquoi les oiseaux aiment la ville

Central Park, au cœur de Manhattan, compte davantage d’espèces d’oiseaux sauvages que le parc national de Yellowstone. Aussi étonnant que cela nous paraisse, les villes d’Europe et d’Amérique du Nord, et plus encore leur périphérie, sont de foisonnantes niches écologiques pour les animaux capables de s’adapter à la présence humaine, en particulier les volatiles. Elles leur offrent des conditions de vie idéales pour élever leurs petits.

Publié dans le magazine Books, avril 2015. Par Robert Paxton
En mars 2013, John Marzluff passa quelques jours dans le parc national de Yellowstone. Comme il le fait chaque fois qu’il profite du plein air, cet éminent professeur d’écologie y compta les espèces d’oiseaux : vingt-quatre. Lors d’un bref séjour à New York peu après, il resta plusieurs heures à Central Park, l’espace vert de Manhattan. Là, il put dénombrer trente et une espèces. Central Park était plus riche en volatiles que Yellowstone ! Marzluff n’en fut pas surpris outre mesure. Au cours des treize dernières années, il avait observé, avec ses étudiants de troisième cycle de l’université de Washington, ce qu’il advenait des oiseaux, des mammifères et autres animaux sauvages quand les forêts des environs de Seattle et d’autres villes étaient transformées en zones résidentielles. Ce livre passionnant est le récit de ce qu’ils ont découvert sur l’étonnante richesse de la faune des banlieues, et la manière dont nous devrions réagir à ce foisonnement. Marzluff et les autres écologistes urbains observent qu’il existe une échelle dans la vie aviaire. Quelques survivants coriaces tiennent bon au cœur de la zone urbaine ; à la campagne, les oiseaux abondent. Mais c’est dans l’entre-deux, dans la zone périurbaine arborée et diversifiée, que se trouve le mélange d’espèces le plus riche. Voilà une découverte contre-intuitive : dans notre esprit, le « tsunami urbain » (pour reprendre l’expression de l’auteur), ce déplacement massif de la population vers les villes, aurait dû engendrer des déserts biologiques uniformisés, peuplés en tout et pour tout de quelques étourneaux, moineaux et autres pigeons.…

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