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Punir et exécuter

Avec ses chefs mafieux et leurs hommes de main, ses exécutions et sa bureaucratie tentaculaire, le centre pénitentiaire de Tihar, à New Delhi, est « un écosystème unique en son genre », estime l’hebdomadaire indien Outlook. Souvent présentée comme la plus vaste prison d’Inde, voire de toute l’Asie, Tihar héberge plus de 12 000 détenus.

 

Sunil Gupta y a travaillé pendant trente-cinq ans comme surveillant. Dans Black Warrant, écrit avec le journaliste Sunetra Choudhury, il raconte son quotidien rythmé par « le cliquetis des ­menottes et des chaînes des prisonniers ». Et aussi par les exécutions capitales, thème central le livre, poursuit dans Outlook l’écrivain et cinéaste Mahmood Farooqi, lui-même ancien pensionnaire des lieux (il a été incar­céré pour viol en 2016 avant d’être acquitté l’année suivante).

 

Gupta décrit les pendaisons avec un luxe de détails, du comportement des détenus à la longueur de la corde en passant par l’habitude des bourreaux de se soûler avant d’accomplir leur sinistre tâche. Un choc, dans un pays où la peine de mort reste un sujet quasi tabou. Le romancier Manu Joseph retient du livre la pendaison d’Afzal Guru en 2013, condamné à mort pour sa participation à l’attentat contre le Parlement indien en 2001. « Tihar, écrit-il dans le quotidien Mint, c’est l’Inde quand personne ne regarde : le pays compense les failles de son système judiciaire par des prisons terrifiantes. »

LE LIVRE
LE LIVRE

Black Warrant: Confessions of a Tihar Jailer (« Arrêt de mort. Confessions d’un geôlier de la prison de Tihar » de Sunil Gupta et Sunetra Choudhury, Lotus Roli Books, 2019

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