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Quand l’Italie finançait le monde

Longtemps, « le monde de la finance parla presque exclusivement italien », remarque Stefano Natoli à propos du dernier livre du journaliste Alessandro Marzo Magno. À la Renaissance, résume-t-il dans les pages du quotidien Il Sole 24 Ore, « les obligations étaient libellées en génois ; les riches armateurs achetaient aux Vénitiens des polices d’assurance pour se prémunir contre les risques de naufrage ou de piraterie ; et le toscan passait pour la lingua franca des banquiers ». Pour pallier l’entrave au commerce que représentait la multitude d’États et de cités rivaux de l’époque, banquiers et négociants italiens éprouvèren
t le besoin de concevoir des instruments sophistiqués, dans le but de faciliter les échanges à travers la Péninsule. C’est à eux que l’on doit, notamment, les principes du chèque et du découvert bancaire tels que nous les connaissons aujourd’hui. Leur savoir-faire était tel qu’ils apprenaient aux souverains d’Europe « comment se financer ou résorber leur déficit », poursuit Natoli. Les Génois, en particulier, avaient la réputation d’être les banquiers du roi d’Espagne, dont ils « administraient les richesses du Nouveau Monde ». Ce rayonnement ne fut pas pour rien dans l’influence artistique de l’Italie : à Rome, à Florence ou à Venise, de richissimes mécènes ont financé les chefs-d’œuvre de la Renaissance. (Lire « La mauvaise conscience mène au mécénat », Books, n° 41.) Mais la banque italienne avait aussi ses travers. Marzo Magno revient notamment sur la faillite de plusieurs grandes maisons florentines dans les années 1340, conséquence de prêts hasardeux concédés aux couronnes de France et d’Angleterre. Un épisode qui rappelle étrangement les mécanismes de la crise actuelle en Europe, et qui fait dire à Marzo Magno qu’il n’y a, décidément, « rien de nouveau sous le soleil de la finance ».
LE LIVRE
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L’invention de l’argent, Garzanti

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