Traiter les drogues comme l’alcool

En additionnant simplement les coûts directs de la prohibition (police et prisons) et les recettes fiscales dont les États-Unis se privent par leur politique répressive, on fait apparaître un manque à gagner de 100 milliards de dollars par an.

Quelle somme de douleurs peut engendrer une politique avant de conduire à un aveu d’échec et à sa révision ? La « guerre anti-drogues » américaine laisse penser qu’il n’y a pas de limite (1). Le mélange implacable de prohibition et de répression pratiqué dans ce pays est un non-sens à tous égards : immoral dans son principe, puisqu’il poursuit des crimes sans victimes, c’est aussi en pratique un gigantesque désastre. Pourtant, si un homme politique américain suggère de réformer ce système inepte, son attitude passe aujourd’hui encore pour inconsidérée, suicidaire. Même un observateur non averti peut voir que les ravages provoqués par les substances illégales aux États-Unis tiennent en bonne partie à leur illégalité, et non au fait que ce sont des drogues. La brutalité de la prohibition et les énormes réseaux criminels qu’elle a créés ont détruit bien plus de vies que les substances elles-mêmes. Ceci vaut aussi bien pour la cocaïne et l’héroïne que pour des drogues douces comme la marijuana. Mais les attaques dont fait l’objet la consommation de marijuana...
LE LIVRE
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Drug War Crimes. The Consequences of Prohibition de Jeffrey A. Miron, Independent Institute, 2004

ARTICLE ISSU DU N°15

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