Une passion anglaise

En partie consacré à Napoléon, le musée ouvert dans la demeure de Wellington est tout un symbole. Au plus fort des hostilités, l’Empereur comptait d’ardents supporters en Angleterre. Le vainqueur de Waterloo lui-même ne cachait pas sa fascination pour ce parvenu de « Buonaparte ». Aujourd’hui encore, certains regrettent sa défaite.


«Gulliver manœuvrant à bord de son petit bateau» (1804). Une autre planche de la série de James Gillray Le Roi de Brobdingnag et Gulliver.

Dans le majestueux vestibule de ce quasi-palais, ce qu’on remarque, c’est la statue : un immense nu en marbre blanc d’Antonio Canova, Napoléon en Mars pacificateur (!). Au mur, des tableaux de batailles napoléoniennes (les défaites), dans les armoires et sur les tables, quantité de « napoleonia » en orfèvrerie ou en porcelaine, notamment un service en sèvres de 102 pièces ayant pour décor la campagne d’Égypte. Où sommes-nous donc ? Mais à Apsley House, la somptueuse demeure londonienne de Wellington, le vainqueur de Waterloo.
La plupart de ces objets sont des cadeaux des royautés euro­péennes, dont Wellington a préservé le trône ou auxquelles il l’a restitué (comme les Bourbons, donateurs du service en porcelaine, fabriqué à l’origine pour Joséphine). Mais Wellington témoi­gnait aussi envers sa ­fameuse victime d’une ambivalence commune à bien des Britanniques. D’un côté, il considérait son adversaire, qu’il persistait à appeler « Buonaparte », comme un parvenu sans foi ni loi, un métèque acharné à détruire toutes les monarchies européennes l’une après l’autre. De l’...

LE LIVRE
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La Symphonie Napoléon de Anthony Burgess, Robert Laffont, 1977

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