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Une super-héroïne venue du froid

Elles ont les cheveux ébène, portent des tenues moulantes et combattent les méchants grâce à leurs superpouvoirs. Mais là s’arrête la comparaison entre Wonder Woman l’Américaine et Nelvana la Canadienne. Imaginée en 1941 par Adrian Dingle, peintre de son état, Nelvana fit son apparition dans un périodique de Toronto, quelques mois seulement avant son illustre consœur. Telle que la décrit Michael Taube dans la Literary Review of Canada, cette super-héroïne présente la double particularité d’être femme et autochtone (son père, le Dieu inuit Koliak, l’a conçue avec une mortelle). Citant l’éditrice Rachel Richey, qui a fait reparaître il y a un an les aventures complètes de Nelvana, Taube analyse son personnage comme « le produit culturel d’un pays en guerre » : guerrière dans l’âme, la jeune femme affronte tour à tour des ennemis japonais et des créatures – les Kablunets – aux faux airs de nazis. Mais la guerre n’eut pas seulement un effet sur les représentations véhiculées par Nelvana. Sa publication même était la conséquence de mesures protectionnistes : « Promulguée en 1940, la loi sur la protection des échanges avait mis sous embargo les biens de luxe américains comme la bande dessinée », explique Taube, qui ressuscite dans son article « un temps où les seules bandes dessinées que pouvaient s’acheter les enfants avec leur argent de poche étaient des créations canadiennes ». Un « âge d’or » qui prit fin à peu près au moment où cessa la publication de Nelvana, en 1947.

LE LIVRE
LE LIVRE

Nelvana des aurores boréales de Adrian Dingle, IDW Publishing, 2015

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