Voici la véritable histoire de Bonnie and Clyde
par Bee Wilson

Voici la véritable histoire de Bonnie and Clyde

Dans l’imaginaire populaire, Bonnie et Clyde incarnent des sortes de voyous célestes, en guerre contre la société bornée et injuste des années 1930. Dans la réalité, comme le révèle une nouvelle biographie, le gang Barrow était une bande de paumés pathétiques, qui rêvaient de belles fringues, de belles bagnoles et de gloire. En fait de glamour, ces enfants des bidonvilles de Dallas ont accumulé les petits braquages minables. En fait de rébellion, ils ne possédaient rien tant que le sens de la famille et des conventions.

Publié dans le magazine Books, mai-juin 2010. Par Bee Wilson

Bonnie Parker and Clyde Barrow, Library of Congress
En 1934, le dimanche de Pâques tombait le 1er avril. Une jeune femme du nom de Bonnie Parker était assise dans un champ, près d’un petit chemin, dans les environs de Grapevine, au Texas. Elle jouait avec un lapin blanc qu’elle avait baptisé Sonny Boy et attendait sa mère, pour le lui offrir. Mais le rendez-vous fut reporté. Quand Sonny Boy rencontra finalement sa nouvelle maîtresse, vers le 18 avril, il avait assisté à plusieurs meurtres et frôlé plus d’une fois la mort. « Ils sont jeunes. Ils s’aiment. Ils braquent des banques. » Tel était le slogan du film d’Arthur Penn, sorti en 1967, avec Faye Dunaway et Warren Beatty dans les rôles principaux. Influencé par la Nouvelle Vague (Truffaut devait à l’origine en être le réalisateur, mais il a préféré tourner Fahrenheit 451), le scénario présentait les deux criminels maudits comme des esprits libres contrariés et finalement abattus par les forces de l’ordre. Si, vous aussi, vous vous étiez retrouvé coincé à cette époque affreusement conventionnelle dans le Texas profond au beau milieu de la Grande Dépression, semblait demander Beatty de son petit air narquois, n’auriez-vous pas également braqué des banques ? C’était le crime érigé en contre-culture. Beatty – qui était aussi le producteur – voulait à l’origine Bob Dylan pour jouer le rôle de Clyde. Dans la même veine, Dunaway campait une Bonnie rebelle, ne portant pas de soutien-gorge et coiffée d’un béret écossais. N’étaient leurs crimes, les vrais Bonnie et Clyde n’avaient rien de si rebelle, comme le montre la biographie admirablement fouillée…

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Commentaire

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  1. yaya89 dit :

    on ene peut pas dire que c’est un assassinat , car en faite c’est un suicide par la police interposé
    Clyde est reparti au texas pour voir la famille une derniere et revenir en louisiane pour y mourir