Suède : voter et mourir de faim

Suède : voter et mourir de faim

Il y a cent cinquante ans, la Suède connut une famine sévère due au climat mais aussi à de mauvais choix politiques.

Publié dans le magazine Books, avril 2019.

© Bonnier

Dans Svälten, l’historien Magnus Västerbro démontre la frugalité et la fragilité de la Suède des années 1867-1869.

Récompensé l’année dernière à Stockholm par le prestigieux prix August dans la catégorie essais, Svälten: hungeråren som formade Sverige (« Famine : les années de disette qui ont façonné la Suède ») revisite la grande famine qui décima la Suède durant les ­années 1867-1869, « une des plus grandes catastrophes natu­relles » qui aient jamais frappé le pays. Elle ­débuta dans ses contrées septentrionales, avec un hiver extrêmement rigoureux. Le dégel ne commença qu’à la Saint-Jean. Dès le mois suivant, le mercure repassait sous zéro. Il fallut attendre l’été 1868 pour retrouver des températures plus clémentes. C’est alors que la séche­resse toucha le sud du pays, ruinant les récoltes. L’auteur, l’historien Magnus Västerbro, « montre à quel point, il y a tout juste cent cinquante ans, la Suède était frugale et fragile », constate le quotidien Expressen. Le bilan humain s’éleva à environ 27 000 morts. On dénombra quelque 60 000 naissances de moins que d’habi­tude. Pour survivre, les Suédois émigrèrent en nombre croissant – jusqu’à 39 000 en 1869 – au Danemark, en Allemagne et surtout aux États-Unis. Cet épisode inspirera à…
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