Soutenez la presse indépendante ! Abonnez-vous à Books, à partir de 8€/mois.

Zombies du quotidien

Severance, premier roman de l’écrivaine américaine Ling Ma, couronné par le prix Kirkus en octobre dernier, est « bien plus qu’un roman d’horreur », assure le critique Michael Schaub sur le site de la radio NPR. « C’est une satire cinglante du consumérisme et de la culture d’entreprise. »

À l’automne 2011, le monde est dévasté par une épidémie. Avant de tuer ses victimes, cette étrange infection fongique ­venue de Chine les fait répéter à l’infini des tâches quotidiennes. Comme des zombies. Une mère met la table pour sa famille, la débarrasse et recommence ; une fillette feuillette sans arrêt son livre préféré ; une jeune femme essaie inlassablement tous les vêtements de sa garde-robe. Candace Chen, petite main chez un éditeur new-yorkais, est l’une des rares survivantes.

« Mais, comme le montre la prose détachée de Ling Ma, la vie d’une victime de l’épidémie n’est pas foncièrement différente de celle d’un employé de bureau », note Constance Grady sur le site Vox. Ling Ma décrit sa vie avant et après la catastrophe dans un style sobre et subtil qui rappelle à la critique du New Yorker Jiayang Fan la prose de Kazuo Ishiguro et, notamment, son désormais classique Les Vestiges du jour. Dans ces deux livres, « on a le sentiment que le désenchantement du protagoniste est symptomatique d’un système profondément troublé, dont il n’a pas pu ou voulu voir les horreurs », écrit-elle.

LE LIVRE
LE LIVRE

Severance de Ling Ma, Farrar, Straus and Giroux, 2018

SUR LE MÊME THÈME

Périscope De Lolita à Vanessa
Périscope Chez les fous furieux du Web
Périscope Vaches sacrées

Aussi dans
ce numéro de Books

Booksletter,
c'est gratuit !

Retrouvez gratuitement la Booksletter
chaque samedi matin dans votre boîte email.