Chine année zéro

Chine année zéro

Les guerres de l’Opium marquent le début d’un siècle d’humiliations qui ne prendra fin qu’avec Mao.

Publié dans le magazine Books, septembre / octobre 2017.
«Tout comme dans l’histoire européenne il y un avant et un après la naissance d’un Oriental, Jésus, l’histoire de Chine, telle qu’elle a été écrite ces dernières décennies, est divisée en deux par les faits d’armes d’une poignée de marchands et militaires britanniques », écrit T. H. Barrett dans The Independent. Ces faits d’armes, c’est ce qu’on a appelé les guerres de l’Opium. La première a lieu de 1839 à 1842, la seconde de 1856 à 1860. Le prétexte fut avant tout économique. Au milieu du XIXe siècle, la balance commerciale du Royaume-Uni avec la Chine est très défavorable : les Anglais achètent d’énormes quantités de thé (ce n’est que plus tard qu’ils se mettront à le cultiver eux-mêmes en Inde) et n’ont pas grand-chose à proposer aux Chinois en échange, si ce n’est de l’opium. Quand les autorités chinoises décident d’interdire les importations de cette substance jugée débilitante pour la population, la guerre éclate. En Europe, ces conflits ne sont plus guère connus. En Chine, ils sont considérés comme un événement fondateur, le début d’un siècle d’humiliations qui n’aurait pris fin qu’avec la prise de pouvoir de Mao Zedong, en 1949. Comme le montre Julia Lovell dans le livre qu’elle consacre au premier de ces conflits, il n’en a pas toujours été ainsi. Il a fallu attendre les années 1920 pour que les guerres de l’Opium deviennent un outil de propagande anti-impérialiste. Aujourd’hui encore, elles occupent une place de choix dans les manuels scolaires chinois. Ce qui prouve que…

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