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Allemagne – Le retour des sagas

Le livre qui fait sensation outre-Rhin depuis sa sortie à l’automne 2011 est un premier roman, dont l’auteur, à l’image d’un Alexis Jenni en France, n’a guère le profil du poste : Eugen Ruge est né en 1954 et s’était jusqu’à présent essen­tiellement illustré par ses mises en scène théâtrales. Comme Jenni, il est l’auteur d’un ouvrage qui interroge l’histoire des soixante der­nières années de son pays, et a été couronné par un prix littéraire prestigieux, le Deutscher Buchpreis.

Le livre qui fait sensation outre-Rhin depuis sa sortie à l’automne 2011 est un premier roman, dont l’auteur, à l’image d’un Alexis Jenni en France, n’a guère le profil du poste : Eugen Ruge est né en 1954 et s’était jusqu’à présent essen­tiellement illustré par ses mises en scène théâtrales. Comme Jenni, il est l’auteur d’un ouvrage qui  interroge l’histoire des soixante der­nières années de son pays, et  a été couronné par un prix littéraire prestigieux, le Deutscher Buchpreis.

In Zeiten des abnehmenden Lichts raconte la vie d’une famille sur plusieurs générations – une famille « assez célèbre » en Allemagne, à en croire Dirk Knipphals du Tageszeitung : celle de l’auteur lui-même. « Les grands-parents d’Eugen Ruge, exilés au Mexique pendant la Seconde Guerre mondiale, retournèrent en RDA pour y construire le socialisme. Le père rencontra sa femme en Sibérie, où il avait été relégué pour “propagande antisoviétique” ; il devint par la suite un historien de renom, tandis qu’elle, la Russe, resta toujours une étrangère en RDA », résume Knipphals. Le roman retrace « l’histoire de l’ascension et du déclin de cette famille d’intellectuels, membres de l’establi­shment est-allemand. L’histoire des espoirs, des idéaux et des projets qui, en l’espace d’une vie d’homme au XXe siècle, germèrent, s’épanouirent et furent balayés », estime Iris Radisch du Zeit.

Et la critique de voir dans ce roman l’illustration de la nouvelle voie prise par la littérature allemande ces dernières années : « Après des décennies de règne sans partage du moi, nous assistons au retour en force de la famille », poursuit la journaliste, qui précise : « La génération de l’après-guerre s’est mise en scène comme une jeunesse sans racines qui, sur les ruines laissées par ses pères, s’imaginait tout recommencer. » Et de citer l’exemple des Peter Handke et autres Botho Strauss, « dont les héros étaient si solitaires que le seul claquement des capots de voiture les réconfortait ». Les fils, quand ils n’étaient pas orphelins, faisaient le procès des pères complices des atrocités nazies. Dans les nouveaux romans de Ruge, comme d’Uwe Tellkamp (voir Books, n° 29, p. 92), les enfants ne demandent plus de comptes à leurs parents ; ils acceptent leur filiation. « Le rejet du père a cédé la place au besoin de continuité généalogique. Le moi, lassé de sa solitude, est désormais en quête d’une ombre disparue, celle de ses origines. »

LE LIVRE
LE LIVRE

Aux temps de la lumière déclinante, Rowohlt

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