Aux origines de la violence

Avec ce deuxième roman dédié à la relation père-fille, la jeune auteure Oksana Vassiakina confirme avec brio son entrée sur la scène littéraire russe.


La société russe reste très marquée par la culture carcérale, héritage des camps de travail du Goulag et de la prolifération de la mafia après la chute de l’URSS. © Rip Hopkins / Agence VU

Un an après la parution de « Une blessure », un roman-poème dans lequel la narratrice explorait sa relation avec sa mère [voir Books n° 118, mars/avril 2022], Oksana Vassiakina publie « La steppe », un texte consacré au lien paternel. Si les deux livres empruntent la forme d’un récit de voyage, ils diffèrent sur plus d’un point. Dans le premier, l’héroïne transportait les cendres de sa mère, emportée par un cancer, jusqu’à une lointaine bourgade de Sibérie ; c’était un périple-remémoration, émaillé de réflexions sur la féminité, la sexualité et la mort. « La step­pe » fait davantage penser à un road-­movie : absent durant dix années, le père chauffeur routier décide de faire découvrir à sa fille les trajets qu’il effectue habituellement pour livrer ses cargaisons. Pendant plusieurs semaines, ils sillonnent les étendues de la ­steppe russe à bord de son poids lourd. Dans le huis clos de l’habitacle, la narratrice observe son père, questionne le lien de parenté qui les lie. ...

LE LIVRE
LE LIVRE

Степь de Oksana Vassiakina, Novoïé Literatournoïé Obozrenïé, 2022

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