Kamel Daoud superstar

En prolongeant habilement L’Étranger de Camus, l’écrivain algérien livre une réflexion sur le deuil et la perte d’identité.


©Ferhat Bouda / Agence VU

Plus qu'une simple déconstruction du roman de Camus, l'œuvre de Kamel Daoud jette un regard sans complaisance sur l'Algérie d'après l'indépendance.

Le roman de Kamel Daoud est en passe de se tailler un succès mondial. Cette « contre-enquête » menée à partir de la figure de l’Arabe « bref, techniquement fugace », sans nom ni autre forme d’identité, que Meursault tue par désœuvrement dans L’Étranger de Camus, bénéficie en tout cas d’un accueil intrigué et souvent enthousiaste dans les pays où il est traduit. En Italie, Il Sole 24 ore lui a consacré un entretien et plusieurs articles avant même la sortie. Le journal salue « l’effet puissant » de ce livre et souligne sa dimension symbolique : « Deux mondes réunis par une même langue, dans laquelle pourtant les protagonistes ne se comprennent jamais, symbole peut-être de l’incompréhension entre les deux rives de la Méditerranée ». Traduit un peu plus tôt en anglais, le roman a fait l’objet de nombreuses analyses. La plus perspicace est sans doute celle parue dans le Financial Times. Elle est signée Azadeh Moaveni, une journaliste et romancière américaine d’origine iranienne : « Il y a plus dans ce livre qu’une déconstruction du roman de ...
LE LIVRE
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Meursault, contre–enquête de Kamel Daoud, Actes Sud, 2014

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