L’égoïsme des happy few
par Olivier Postel-Vinay
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L’égoïsme des happy few

Écrit par Olivier Postel-Vinay publié le le 5 juillet 2017

Bourdieu l’avait compris à sa manière, les Américains semblent le découvrir. Alors que les regards se sont fixés depuis des années sur les 1% les plus riches, l’économiste Richard Reeves dans Dream Hoarders déplace le curseur en direction des 20%, la « classe moyenne supérieure ». Entre 1979 et 2013, le revenu moyen des 80% d’Américains les moins riches a augmenté de 42% en termes réels. Ce n’est pas mal du tout, mais pendant ce temps celui des 19% de la tranche au-dessus augmentait de 70% (oublions les 1%, dont le revenu a crû de 192%).

Cette classe moyenne supérieure est un milieu fermé aux privilèges reproductibles : santé, fortune, logement, culture familiale, accès aux meilleures universités, réseau… Son culte du travail et de la bonne éducation l’entretiennent dans le mythe qu’elle est le produit de la méritocratie américaine, alors que ses privilèges, en réalité, bloquent l’ascenseur social.  C’est « toute l’ironie du système de classes aux États-Unis », note The Economist.

 

A lire aussi: Faut-il se moquer des inégalités ?, Books, mars 2016; Pourquoi les « 1% » tiennent l’Amérique, Books, mai 2015.

 

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