Pourquoi les « 1 % » tiennent l’Amérique

Les inégalités ont beau se creuser comme jamais depuis un siècle aux États-Unis, le mouvement social reste atone. Comment l’expliquer ?

N’est-il pas révoltant que 1 % des Américains concentrent entre leurs mains près de 40 % de la richesse nationale ? À la fin du xixe et au début du XXe siècle, les ouvriers étaient nombreux à le penser et à l’exprimer, de façon parfois violente, lors de grèves et d’actions de sabotage durement réprimées. Ce que rappelle le nouveau livre de l’historien Steve Fraser. Il se demande pourquoi les inégalités, qui se rapprochent aux États-Unis de leur niveau de « l’âge doré » (le gilded age), ne génèrent pas les mêmes protestations qu’à l’époque. Car l’essor du capitalisme industriel n’alla pas sans heurts aux États-Unis. La croissance galopante qui succéda à la guerre de Sécession a, certes, permis la constitution de fortunes colossales. Mais le climat social était explosif. La ploutocratie, la cupidité et la corruption des « barons voleurs » inspiraient tantôt la moquerie (Mark Twain, notamment, en fit une satire dans le roman The Gilded Age, publié en 1873), tantôt une agitation qui contredit le « credo exceptionnaliste selon lequel la lutte des classes est étrangère à l’Amérique », lit-on dans <...
LE LIVRE
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L’âge du consentement de Steve Fraser, Little, Brown & Co, 2015

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