Lévi-Strauss revu et corrigé

Deux ouvrages consacrés à l’anthropologue ont été traduits récemment en anglais. L’occasion de revisiter une pensée qui « a succombé au culte fétichiste du formalisme mathématique ».


© Raphael Gaillarde/Gamma-Rapho / Getty Images

Claude Lévi-Strauss (ici en 1997) était obsédé par la façon dont les sociétés humaines peuvent se désintégrer.

Claude Lévi-Strauss adorait les États-Unis, qui le lui ont bien rendu, comme le montre l’accueil réservé à la traduction de la biographie que lui consacre Emmanuelle Loyer et à celle de l’étude critique de Maurice Godelier 1, après le succès de la biographie du Britannique Patrick Wilcken en 20102. Ces ouvrages permettent, il est vrai, d’appréhender à la fois l’homme (expérience plaisante) et sa pensée (plutôt complexe) sans avoir à se plonger dans une œuvre considérable et un tantinet hermétique, à l’exception du best-seller Tristes tropiques. Le père de l’anthropologie structurale a élaboré ses théories pour l’essentiel à New York entre 1941 et 1948, où il a côtoyé le linguiste russe Roman Jakobson et s’est familiarisé avec son analyse structurale du langage. Cette méthode, Lévi-Strauss l’a transposée aux mythes puis appliquée aux « invariants » qui fondent les structures inconscientes des diverses cultures.   La démarche structuraliste consiste à décortiquer le matériau culturel de base (mythes, systèmes sociaux, rituels, pratiques culinaires, etc.), pour y détecter les composants premiers (phonèmes pour le...
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Lévi-Strauss, A Biography de Emmanuelle Loyer, traduit par Ninon Vinsonneau et Jonathan Magidoff, Polity, 2018

ARTICLE ISSU DU N°106

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