Lire, écrire, se relire

Pour se changer les idées et les dénoircir, pourquoi pas l’écriture ? C’est ce que suggère l’écrivaine Suzette Henke, inventrice de la « scriptothérapie » – l’écriture de soi à des fins thérapeutiques1. Prenez le cas de Colette, qui a pu, en reconstruisant par écrit les détails de son « esclavage conjugal » avec Willy, reconquérir le « sentiment de maîtriser sa vie ». On connaît les bienfaits de la lecture, qui distrait, instruit et favorise la compréhension de soi et des autres. Mais la scriptothérapie, c’est une bibliothérapie surmultipliée.

Quelque forme qu’on adopte – récit, Mémoires, journal intime ou poésie –, l’exercice est distrayant, voire absorbant, et même potentiellement salvateur. En se forçant à placer le passé devant ses yeux et à le dévisager, on peut évacuer ou relativiser les épreuves subies sur les champs de bataille professionnels ou familiaux. Efficace et gratuit, voire potentiellement rémunérateur si vous possédez suffisamment d’entregent, de talent ou de trauma pour qu’on souhaite vous suivre dans les circonvolutions ...

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