La malbouffe, plus dangereuse que le tabac
par Amandine Meunier
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La malbouffe, plus dangereuse que le tabac

Écrit par Amandine Meunier publié le le 28 mars 2019

En 2015, douze millions de décès dans le monde étaient imputables à une mauvaise alimentation, contre 2,75 millions liés à l’alcool et 7 millions au tabac, assure a journaliste Bee Wilson, spécialiste de l’histoire de l’alimentation dans The Way We Eat Now. « C’est paradoxal et triste car bien manger – aussi bien d’un point de vue gustatif que nutritionnel – était le critère qui nous servait à juger la qualité de la vie. Bien vivre sans bien manger ne devrait pas être possible », écrit-elle.

On mange mieux en Afrique

Aujourd’hui, des études épidémiologiques montrent que c’est en Afrique subsaharienne que l’on s’alimente le mieux, grâce à un régime à base de légumineuses, de céréales et de légumes. Dans des pays comme le Tchad, le Mali ou le Cameroun, si tout le monde ne mange pas toujours à sa faim, ceux qui ont accès à de la nourriture en quantité suffisante ne consomment pas les quantités de graisses, de protéines et de sucres qui rendent malades les habitants des pays les plus riches.

 

« Les aliments ultratransformés, l’insatiable machine marketing, les lubies alimentaires, Instagram, les régimes à effet yo-yo, le mode de vie sédentaire, les applications de livraison de repas à domicile, les coupables sont connus et nombreux, et Wilson les montre du doigt à sa manière habituelle, érudite et méthodique », note Tony Turnbull, responsable de la rubrique cuisine de The Times. Elle pointe aussi, ajoute l’historienne Kathryn Hugues dans The Times Literary Supplement, l’hyper individualisation des repas qui a pour conséquence « que la plupart d’entre nous s’en tient à un tout petit répertoire alimentaire, rétrécissant notre exposition à certains groupes d’aliments tout en se goinfrant d’autres ».

La malbouffe moins chère

Pour autant, remarque Turnbull, Wilson ne prend pas de haut les personnes en surpoids, en mettant leur mauvaise alimentation sur le compte de leur manque de volonté. Au contraire, dans un monde où les produits sains sont plus chers que les aliments industriels (entre 1997 et 2009, le prix des fruits en Grande-Bretagne a augmenté de 7 % tandis que celui de la malbouffe a diminué de 15 %), elle considère comme un miracle le fait qu’autant de personnes soient encore en bonne santé.

 

À lire aussi dans Books : Comment la France a regagné son pain, juillet-août 2015.

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